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La Ferme Roger Bourdages et fils de Saint-Siméon vit des moments difficiles

La Ferme Bourdages de Saint-Siméon a 60 jours pour rembourser son principal créancier, la Caisse populaire Desjardins de Bonaventure. L'entreprise a connu de mauvaises saisons de production depuis quelques années, qui font en sorte qu'elle traîne une dette de près de 650 000 dollars.

Un texte de Pierre Cotton

La Ferme Bourdages s'est placée sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, le printemps dernier. Le président-directeur général, Pierre Bourdages, dit qu'il n'est pas question de baisser les bras. L'entreprise est parvenue à surmonter l'incendie, qui a dévasté les nouvelles installations en construction, en mars 2011.

Mais depuis ce temps, l'entreprise agricole n'arrive pas à récolter le fruit de ses efforts : les plants de fraises dépérissent, les racines s'asphyxient et même les cerfs de Virginie mangent les fraisiers. Résultat, la production n'atteint, en moyenne, que 35 % du rendement espéré.

« On haussait les superficies, mais la production n'était pas au rendez-vous, les frais fixes augmentaient, mais les revenus sont en chute constante au niveau de la récolte des fraises », constate Pierre Bourdages

L'entreprise a ainsi contracté des prêts qui totalisent 648 942$ depuis 2010. Mais comme l'entreprise est en défaut de paiement, la Caisse populaire aux Quatre Vents de Bonaventure, qui a consenti cet argent garanti par la Financière agricole du Québec, vient d'émettre un préavis de 60 jours à l'entreprise pour se protéger.

« C'est le processus normal inscrit dans la loi, dit le directeur de la caisse, Jacques Henri. Si jamais il y avait une reprise des actifs et des biens donnés en garantie, alors on aurait suivi les règles comme nous le recommande la Financière agricole, sinon la Caisse risque de perdre ses garanties. »

Le pire scénario serait le démantèlement de l'entreprise. Pierre Bourdages assure que cela n'arrivera pas. « On est en procédure avec la caisse actuellement pour refinancer et ré-étaler notre dette qu'on veut consolider. On discute aussi avec d'autres partenaires financiers. »

Croire en l'avenir

Parmi les solutions pour augmenter la production, des kilomètres de clôtures électriques ont été installées l'an dernier pour tenir les cerfs à l'écart des cultures. La stratégie fonctionne.

L'entreprise produit des vins de fraises et de rhubarbe, ainsi que des tartes et des pâtés à la viande et au poulet, notamment. Elle produit toute l'année.

D'autres producteurs de petits fruits ont aussi leur lot de problèmes ailleurs au Québec avec le dépérissement des fraisiers note l'UPA, mais la situation s'améliore.  

En Gaspésie, les entreprises qui se placent sous la protection de la loi seraient plutôt rares. Selon le président régional de l'UPA, Christian Côté, les démantèlements surviennent lorsqu'il n'y a plus de relève agricole, ce qui n'est pas le cas de la Ferme Bourdages.

« C'est une entreprise qui va très bien malgré tout, et le fait qu'ils se soient placés sous la protection de la loi, ça leur permet de trouver des solutions et ils ont tout pour le faire », affirme Christian Côté.

Des assurances insuffisantes

Si la ferme Bourdages racle les fonds de tiroirs, c'est que l'assurance agricole de la Financière était insuffisante, car elle était liée à l'historique de production de l'entreprise.

Mais Pierre Bourdages est formel : « Il est hors de question de mettre la clef sous la porte », même si la situation est critique. L'entreprise emploie jusqu'à 100 personnes en période de pointe.

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