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La fin du sans rendez-vous pour les patients orphelins à Rimouski

Radio-Canada a appris que le sans rendez-vous pour patients orphelins au Centre de santé et de services sociaux (CLSC) de Rimouski-Neigette serait aboli dès le 8 mai. L'Unité de médecine familiale (UMF) deviendra un groupe de médecine familiale universitaire (GMF-U).

Un texte d’Édith Drouin

L’UMF de Rimouski deviendra le GMF de l’Estuaire. Un changement qui mènera à l’abolition du sans rendez-vous pour la clientèle sans médecin de famille, en raison d'une décision prise par les médecins responsables de la clinique.

À l'heure actuelle, un maximum de 12 patients orphelins par jour peuvent obtenir un rendez-vous à l'UMF du CLSC.

En effet, la création du GMF permettra à plus de patients d’avoir accès à un médecin de famille. Les heures d’ouverture de la clinique seront élargies de façon à pouvoir accueillir 1000 patients orphelins d’ici l’automne prochain.

Un chiffre qui correspond à plus de 30 % des 2900 personnes en attente d'un médecin de famille à Rimouski. Les autres patients devront par contre se tourner vers les urgences.

« Théoriquement, cette procédure-là va aussi faire en sorte que les urgences de Rimouski et Mitis devraient normalement recevoir moins de patients et donc être plus fluides pour les quelques cas qui, malheureusement, vont devoir y aller pour des conditions mineures », affirme M. Carvalho.

S'il atteint ses cibles, le GMF de l'Estuaire comptera 6000 patients au total. M. Carvalho affirme que des médecins ont été recrutés au cours de la dernière année pour permettre la prise en charge de nouveaux patients, mais ne précise pas combien.

Patiente orpheline malgré un cancer

Danielle Bélanger s’est inscrite au guichet d’accès à un médecin de famille en juin 2016. La nouvelle résidente de Rimouski attend toujours, malgré le cancer du sein qu'elle a combattu en 2008-2009.

Elle doit entre autres faire un suivi annuel pour s’assurer qu’il n’y a pas de récidive du cancer et obtenir une prescription pour un manchon de compression de façon à pouvoir traiter son lymphoedème, une enflure causée par l’ablation de 15 ganglions sentinelles lors de sa mastectomie radicale.

En l’absence d’un service de sans rendez-vous pour les patients comme elle, elle devra se présenter à l’urgence pour éviter les complications.

Mme Bélanger a conscience qu’elle pourrait se retrouver parmi les 1000 patients qui seront finalement pris en charge par le système.

Elle déplore tout de même l’abolition du sans rendez-vous pour la clientèle orpheline. « S’il a 1900 patients orphelins à Rimouski qui ne sont toujours pas munis d'un médecin de famille, ils n'auront pas le choix d'aller à l'urgence alors on revient à la case départ de notre jeu de Monopoly qui est l'engorgement des urgences, alors on a réglé quoi? Pas grand chose. »

Où sont les « super infirmières »?

La conjointe de Mme Bélanger, Mireille Paradis, est aussi patiente orpheline. Elle voit la transition vers le GMF comme potentiellement bénéfique, puisque le système de sans rendez-vous était, de toute façon, déficient, selon elle.

Elle considère toutefois que la solution à la pénurie de médecins de famille devrait passer par la création de postes d’infirmières praticiennes spécialisées qui pourraient aider les patientes comme elles, qui ont besoin de faire un bilan de santé annuel et d’obtenir des prescriptions.

Un point de vue partagé par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) qui fait pression auprès du gouvernement pour que les infirmières aient un rôle accru au sein des GMF.

Vers la privatisation?

De son côté, le Conseil central de la CSN au Bas-Saint-Laurent s’inquiète de la privatisation du système public.

Mme Legendre salue la création de 1000 nouvelles places pour les Rimouskois sans médecin de famille. Elle doute toutefois que cet objectif sera réellement atteint d'ici la fin de l'automne prochain.

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