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La Gaspésie à l’heure du produire et du manger local

Plusieurs producteurs autour de la Gaspésie distribuent des paniers de leurs productions alimentaires chaque semaine. Ces paniers, de plus en plus populaires, recréent les liens entre producteurs et consommateurs.

Même si les expériences de livraison de paniers diffèrent d’un producteur à l’autre, tous apprécient le contact direct avec leur clientèle.

Au Jardin du village à Caplan, le producteur Étienne Goyer souligne que cela permet même aux clients de développer des liens entre eux. « Les livraisons au point de chute deviennent un petit happening social. On se croise, on se parle, on prend des nouvelles », relate M. Goyer.

Étienne Goyer, qui est sur le point d’obtenir sa certification biologique, vient de se joindre au Réseau des fermiers de famille d’Équiterre, même s’il livrait déjà des paniers à sa clientèle. « Il faut dire qu’en Gaspésie, notre relation à la clientèle est différente que dans les grands centres urbains. Les gens vont préférer traiter directement avec les fermes », ajoute M. Goyer.

Il constate toutefois que la livraison locale et hebdomadaire de paniers alimentaires est en croissance. « Je vends, dit-il, de plus en plus d’abonnements d’une année à l’autre et j’aurais tendance à croire qu’il y a encore du potentiel dans la région. »

Denis Morais, des Potagers Mycobio à Saint-Luc, près de Matane, peut aussi en témoigner. La neige n’a pas encore fondu que tous ces paniers de l’été sont déjà vendus.

Mycobio vend seulement 65 paniers, nuance Denis Morais. « Si j’avais 200 paniers à vendre, peut-être que j’aurais besoin de plus de visibilité », admet le producteur maraîcher qui vend aussi beaucoup au marché public local. Les paniers représentent tout de même entre 60 % et 70 % de ses revenus.Cliquer sur l'image pour écouter la table ronde des producteurs agroalimentaires à l'émission Au coeur du monde :

Soutien financier

Même s’il souhaite diversifier ses ventes tout en demeurant axé sur le marché local, Denis Morais apprécie la formule des paniers qui sont payés avant la récolte au moment de l’inscription. « Ça nous permet, explique Denis Morais, de dégager une marge et d’avoir un stress de moins sur le plan financier. Les gens sont aussi là pour nous aider parce qu’ils croient au projet. »

Pour Étienne Goyer du Jardin du village, cet apport monétaire en début de saison est vraiment des plus importants.

Il estime par contre que la formule des paniers hebdomadaires ne convient pas à tous. « Ça prend des gens très motivés, observe M. Goyer, comme vous recevez chaque semaine une bonne quantité de légumes, il faut que vous ayez envie d’en manger. »

Denis Morais en convient. Il faut, ajoute-t-il, que les gens sachent transformer et cuisiner leurs légumes. Plusieurs de ses fidèles clients, note le producteur, lui ont avoué avoir constaté qu’ils ne mangeaient pas autant de légumes avant de recevoir les paniers.

Parmi les premiers

Pionnière dans le domaine de l’agriculture soutenue par la communauté, Lise Beaulieu, de la ferme le Beaulieu à Baie-des-Sables vend des paniers de viande depuis bon nombre d’années. « On livre aux trois mois de la viande emballée sous vide, abattue selon toutes les normes », précise Lise Beaulieu.

La ferme prend des clients à l’année et ajuste la commande à la famille. « C’est vraiment un contact privilégié avec les clients », souligne l’agricultrice.

L’agricultrice vend le tiers de sa production dans la région de Rimouski, un autre tiers à Montréal et le reste est réparti dans l’ensemble du Québec.

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