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La Gaspésie sans urologue: des hommes s'inquiètent des conséquences

En ce mois du « Movember », qui a pour but d'attirer l'attention sur l'importance du dépistage du cancer de la prostate, un homme de Maria, Régis Audet, s'inquiète. Le seul urologue qui se rendait dans la Baie-des-Chaleurs, en provenance de Rimouski, prend sa retraite.

Un texte de Pierre Cotton

Régis Audet à lui même a été diagnostiqué pour un cancer de la prostate en avril dernier. C'est l'urologue Richard Desjardins qui a pratiqué une biopsie à l'hôpital de Maria, et qui a confirmé la mauvaise nouvelle.

Pendant cinq semaines, monsieur Audet a reçu une série de 22 traitements à Rimouski, qui a pris fin le mois dernier. Il est en rémission et se porte bien. Mais il s'inquiète après avoir appris que son médecin prenait sa retraite, ce qui laissera la Gaspésie sans médecin spécialiste.

« Pour les Gaspésiens, on avait deux urologues sur l'ensemble du grand territoire qui venaient une fois par mois au moins, une semaine s'établir ici pour rencontrer tous ses patients, et là en sachant que le docteur Desjardins prend sa retraite dans les prochaines semaines, les effectifs diminuent à Rimouski, donc au lieu d'avoir 4 urologues à Rimouski il va en rester seulement deux » déplore Régis Audet

Conséquences

Les listes d'attente risquent de s'allonger et les hommes de la Gaspésie devront se rendre consulter loin de chez eux.

Selon les statistiques du Centre intégéré de la santé et des services sociaux de la Gaspésie (CISSS), plus de 20% des cancers diagnostiqués chez les hommes de la région sont des cancers de la prostate, ajoute Régis Audet.

Éviter une rupture de service

Au CISSS du Bas Saint-Laurent, on dit faire appel à des médecins itinérants pour Gaspé et Chandler, mais le cas de Maria n'est pas réglé. On espère éventuellement recruter un urologue à plein temps à Rimouski, d'ici un an et demi, pour desservir la Gaspésie.

« Ces itinérants-là sont souvent des médecins en pratique qui ont le temps de venir, mais souvent ce sont des médecins qui viennent d'être formés, qui peuvent être en formation complémentaire, mais qui ont de la disponibilité pour donner du service clinique, donc ils ont le droit de pratiquer. Et souvent ça peut dépendre de leur disponibilité à eux, en fonction de leur formation » explique Jean-Christophe Carvalho, directeur des services professionnels au CISSS du Bas-Saint-Laurent

Réactions régionales

Le député Sylvain Roy déplore cette perte temporaire de médecin spécialiste en Gaspésie, citant les statistiques selon lesquelles un homme sur 4 sera frappé par ce type de cancer.

« C'est le plus haut taux de cancer qui est détecté à chaque année, et là si on perd un service de prévention en région qui nous permet de détecter les cancers, de donner des traitements, on a un problème. Parce que c'est pas vrai que tout le monde va s'exiler à Rimouski pour aller chercher des traitements, donc c'est la troisième cause de décès par cancer aussi, c'est inacceptable de ne pas avoir de la prévention en région »

À la Fondation santé Baie-des-Chaleurs on se dit très préoccupés. D'autant plus que l'organisme a investi 50 000 dollars ces dernières années, pour l'achat de deux sondes servant à effectuer des biopsies à l'hôpital de Maria.

Pour l'instant, les hommes de plus de 50 ans de la Baie-des-chaleurs qui s'inquiètent peuvent toujours demander à leur médecin de famille qu'il leur fasse passer le test PSA, une prise de sang qui permet de détecter les premiers signes de cancer de la prostate.

Si des biopsies plus complexes sont nécessaires, il faudra alors se rendre à Rimouski rencontrer un urologue, en attendant que des effectifs médicaux permanents soient sur place.

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