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La Haute-Gaspésie rend hommage à Jean-Guy-Poirier

La Haute-Gaspésie a remis mercredi une plaquette souvenir au préfet de Bonaventure et maire de Saint-Siméon qui quittera cette année la vie politique municipale après 40 ans.

Un texte de Joane BérubéLa semaine dernière, l’homme a aussi été décoré de l’Ordre de la Gaspésie.

À tous les gens qui lui rendent hommage ces jours-ci, il demande blagueur s’il n’y a pas un message caché dans tous ces compliments, tout en ajoutant que six mois en politique c’est long et qu’on a bien le temps de changer d’idée.

Et, au fond, ce n’est peut-être pas du tout une plaisanterie de ce vieux routier de la politique gaspésienne, qui cache bien ses 80 ans.

À Sainte-Anne-des-Monts, la petite cérémonie s’est déroulée après la rencontre des maires et des préfets membres de la Régie intermunicipale de l’énergie ainsi que de la Régie intermunicipale de transport.

Ces rencontres sont probablement une des choses qui a le plus changé en 40 ans de vie politique, observe le préfet de Bonaventure.

Ce dernier se souvient d’une époque marquée par les guerres de clocher. « Les maires ne se respectaient pas entre eux. Maintenant avec la venue des MRC, de la CRE [NDLR Conférence régionale des élus abolie en 2015], on travaille ensemble. Ça, ç’a été un changement majeur. J’ai travaillé fort là-dessus », admet le maire de Saint-Siméon.

Cette collaboration et cette entraide entre les élus de la Gaspésie étaient bien visibles dans les petits discours de chacun des maires et mairesses présents. Plusieurs jeunes élus ont souligné à la fois leur déférence envers le personnage, mais aussi comment le préfet de Bonaventure les avait épaulés et aidés à mieux comprendre leur rôle ou à s’intégrer à l’équipe.

C’est aussi un passage de génération, a souligné Daniel Côté, le maire de Gaspé. « Je n’étais même pas né qu’il était déjà maire », a-t-il d’ailleurs lancé d’entrée de jeu.

Le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, tenait à organiser cet événement. « C’est bon quand tu commences en politique de pouvoir compter sur quelqu’un qui peut t’ouvrir des portes, qui peut servir de guide », commente M. Cormier.

Le préfet de la Haute-Gaspésie va aussi s’ennuyer d’un bon vivant qui a eu souvent recours à l’humour pour détendre les réunions.

Une carrière sans égal

Jean-Guy Poirier a eu une carrière politique comme on n’en voit plus. Il se lance en politique à 40 ans et devient maire de Saint-Siméon à son baptême électoral. Puis il demeure premier magistrat de Saint-Siméon pendant 40 ans sans opposition, préfet de la MRC de Bonaventure pendant 37 ans, sans opposition.

Un parcours qu’il peine à réaliser lui-même : « Quand tu regardes en arrière, tu te dis, ça ne se peut pas que cela fasse 40 ans que je suis maire de Saint-Siméon. »

Beaucoup de choses ont changé depuis 1977, notamment l’information.

Les gens, dit-il, aujourd’hui sont bien informés. Et à ce propos, il revient sur l’enseignement donné par l’ancien ministre des Finances et député de Bonaventure, Gérard D. Lévesque. « Il m’avait dit à l’époque, sois prudent. Ne dis jamais non. Ne dis jamais oui et fais attention de ne pas induire les gens en erreur », relate M. Poirier.

Le déclin démographie est pour lui le plus grand défi qu’affronte la Gaspésie. Il regrette tous ces jeunes partis pour travailler ou étudier hors de la région. Paradoxalement, aujourd’hui, de nombreuses postes spécialisés ne trouvent pas preneurs en Gaspésie. « Il va falloir travailler là-dessus », croit le préfet.

Après 40 ans de vie municipale, il avoue avoir négligé un peu sa famille. Le décès d’un de ses fils, emporté par un cancer, a été un moment marquant où il a pensé tout abandonner.

C'est son engagement politique qui l’a finalement aidé à vivre avec cette immense perte.

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