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La légalisation du cannabis laisse-t-elle pour compte ceux qui le consomment de façon thérapeutique?

Emmanuelle Arsenault a 23 ans. Elle souffre d'épilepsie atonique, une forme d'épilepsie qui, auparavant, lui faisait perdre connaissance de 5 à 10 fois par jour malgré la médication. Depuis qu'elle consomme du cannabis thérapeutique, ses crises ont diminué de plus de moitié.

Un texte de Julie Tremblay, d'après une entrevue de Nadia Ross

C'est de sa propre initiative qu'Emmanuelle s'est informée sur la marijuana thérapeutique il y a un peu plus d'un an, alors que son état de santé se détériorait.

« Avant, je devais presque me répéter toutes mes phrases avant de les sortir. J'avais de la misère à écrire, j'avais arrêté l'école à 14 ans [...] C'était très très dur. »

Après avoir entendu parler de marijuana thérapeutique, Emmanuelle a entrepris les démarches nécessaires pour s'en faire prescrire. Depuis, elle consomme de l'huile de cannabis dans des infusions et sous forme de gouttes plusieurs fois par jour.

Même si son état de santé ne lui permet pas de faire toutes les activités qu'elle souhaiterait faire, elle affirme qu'elle va beaucoup mieux et elle peut parler avec plus de facilité.

De longues démarches

Le cannabis médical est légal au Québec depuis 2001, mais il est encore très difficile de s'en procurer, déplore la propriétaire et gestionnaire de la Croix Verte, Shantal Arroyo. Son organisme, basé à Montréal, aide les patients qui souhaitent utiliser le cannabis à des fins médicales.

Elle constate que depuis un an et demi, le gouvernement fédéral ne parle que de légalisation du pot récréatif, alors que les gens qui peuvent s'en servir pour améliorer leur état de santé sont laissés à eux-mêmes.

Selon madame Arroyo, les préjugés envers ce type de traitement sont encore très présents et les listes d'attente sont longues dans les cliniques privées qui en prescrivent, mais encore faut-il pouvoir payer.

Favoriser l'accès au cannabis récréatif, mais aussi au cannabis thérapeutique

Shantal Arroyo se demande aussi ce qu'il adviendra des patients qui utilisent le pot à des fins thérapeutiques une fois que le gouvernement fédéral aura légalisé sa consommation récréative.

Shantal Arroyo croit que le gouvernement devrait confier à des experts, par exemple des herboristes et des nutritionnistes, le soin de développer des produits médicinaux adaptés à l'état de santé des personnes.

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