Dans son rapport sur la vague de suicides autochtones survenus à l'automne 2015, dans la région de Sept-Îles, le coroner Bernard Lefrançois note que les cinq victimes étaient dépressives à la suite d'une consommation de métamphétamine. Retour sur les méfaits de cette drogue à la fois puissante et malheureusement peu coûteuse.

Un texte de Louis Garneau

La métamphétamine est une substance interdite qui stimule et augmente les signes vitaux, en agissant sur le cerveau et le système nerveux. Difficile d'en connaître le contenu exact, comme les autres drogues bon marché.

L'euphorie qu'elle procure est suivie d'un retour à la normale, provoquant un choc qui peut être brutal, selon Jean-Sébastien Fallu, docteur en psychoéducation.

« La "descente", souvent, de n'importe quelle consommation, produit des effets rebond. Et après ça effectivement, il s'installe une forme de déprime qui peut prendre une intensité variable d'une personne à l'autre. »

Certaines personnes le vivent très bien, d'autres qui des fois sont déprimées d'avance peuvent le vivre de manière très intense et ça peut amener des fois à des pensées suicidaires, même.

Jean-Sébastien Fallu, professeur agrégé, École de psychoéducation, Université de Montréal

Le professeur, qui est également le directeur de la revue Drogues, santé et société, estime que l'accessibilité et le prix sont des facteurs déterminants pour l'usage d'une drogue aussi nocive.

« Les personnes peuvent aussi croire qu'une pilule est moins dangereuse qu'une autre drogue. » Mais la consommation et la dépendance peuvent également être liées à d'autres facteurs, selon lui.

Ce sont les mauvaises conditions de vie. Donc, des quartiers défavorisés, ou des environnements où il y a peu d'autres alternatives, où les gens ne sont peut-être pas dans un bien-être.

Jean-Sébastien Fallu

La prévention et la prise en charge raisonnée des victimes de drogues dures semblent les meilleures pistes de solution pour vaincre la dépendance, conclut le spécialiste.

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