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La nécessité de la vulgarisation scientifique à l’ère postfactuelle

La journaliste scientifique Marianne Desautels-Marissal était de passage à Rimouski, samedi, pour parler de vulgarisation scientifique et de communication avec des étudiants en sciences de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Un texte de Laurence Gallant

La journaliste, qui collabore aux émissions Les Années lumières et Électrons libres, croit que la vulgarisation scientifique est d'autant plus essentielle à l'ère de la postfactualité et des faits dits « alternatifs ».

Vulgariser les connaissances scientifiques, c'est essentiel à la démocratie, ça participe aussi à une culture de l'esprit critique, c'est développer un oeil critique face aux faits qu'on nous présente.

Marianne Desautels-Marissal, journaliste scientifique

Pour Marianne Desautels-Marissal, il est de plus en plus important que les scientifiques soient capables d’aller vers le public, d’expliquer leur travail et surtout leur démarche scientifique. Il s’agit, selon elle, de regagner un peu la confiance des gens et de contrer les mouvements de désinformation.

Les médias sociaux, par exemple, offrent une grande accessibilité et des moyens originaux pour tous ceux qui veulent se lancer dans la vulgarisation et partager des informations de qualité. La journaliste scientifique estime d'ailleurs que les gens sont de plus en plus curieux.

Je sens qu’il y a une certaine ébullition, les gens ont une soif de savoir, sont de plus en plus intéressés, je pense, à obtenir une information de qualité et s’intéressent aux questions de science.

Marianne Desautels-Marissal, journaliste scientifique

La vulgarisation « dans tous ses états »

La journaliste participait samedi à une formation en vulgarisation scientifique organisée par le comité La Nature dans tous ses états, qui tiendra également un colloque annuel au mois de mars, à l’UQAR.

Selon Marianne Desautels-Marissal, une formation telle que celle offerte par le comité est importante, car les cours de vulgarisation sont très rares dans les universités.

Il n’y a pas beaucoup de formations qui s’offrent aux futurs scientifiques pour qu’ils apprennent à vulgariser. Parce que c’est une science, vulgariser, aussi!

Marianne Desautels-Marissal, journaliste scientifique

Elle souligne que le travail des scientifiques peut toujours être obscur pour une partie de la population, et qu’il peut être perçu comme accessible uniquement à une certaine élite. « Je pense que c’est important que les scientifiques prennent la parole aussi, pour essayer de briser ce clivage scientifiques non-scientifiques », affirme-t-elle.

Dans l’atelier de samedi après-midi, l’objectif de Marianne Desautels-Marissal était de partager les enjeux et les difficultés reliées à différents médiums de communication comme la radio, la télé et le web.

Parce que maintenant, n’importe qui, qui a assez de volonté et de temps, peut s’y atteler et peut créer du contenu de très haute qualité.

Marianne Desautels-Marissal, journaliste scientifique

La journaliste donne l’exemple de Viviane Lalande, qui tient une chaîne YouTube de vulgarisation scientifique, Scilabus, la seule chaîne du genre au Québec.

Cette étudiante au doctorat en génie mécanique était d’ailleurs également une invitée de cette journée de formation à l’UQAR, tout comme le journaliste scientifique Alexandre Guertin-Pasquier.

Une jeune carrière de vulgarisatrice

Cela fait seulement deux ans que Marianne Desautels-Marissal a troqué sa vie de biochimiste pour une carrière en vulgarisation scientifique.

Elle avoue toujours se sentir comme une « stagiaire », à l’instar de ses débuts à Radio-Canada, parce que l’apprentissage est constant et inépuisable.

On apprend continuellement, autant sur les sujets qu’on traite, mais aussi à propos de la communication et des humains… ça me passionne vraiment!

Marianne Desautels-Marissal, journaliste scientifique

L’automne dernier, Marianne Desautels-Marissal a publié Mille milliards d’amies, un ouvrage qui marie les thèmes du microbiome et de la cuisine.

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