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La pesée à l'école, une pratique nécessaire?

Doit-on peser les jeunes à l'école? Les éducateurs physiques croient que la pesée doit être utilisée dans une perspective pédagogique, notamment au collégial. La Coalition québécoise sur la problématique du poids, elle, demande que cette pratique se fasse sur une base volontaire.

Un texte de Laurence Gallant

Le débat sur la pesée dans le milieu scolaire se poursuit à la suite du dépôt d’une pétition, à la Commission de la culture et de l'éducation du Québec, demandant de mettre un terme à cette pratique dans les cours d'éducation physique au secondaire et au collégial.

Le président de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FEEPEQ), Jean-Claude Drapeau, se dit favorable à l’utilisation de la pesée, dans la mesure où elle s’inscrit dans une démarche globale d’éducation.

Il précise que la pesée ne se pratique pas au primaire, et est parfois utilisée au secondaire. Auprès des jeunes adultes du collégial, par contre, la fédération estime que la pesée est particulièrement utile.

Ça ne peut pas être mis sur les tablettes, parce que c’est une problématique et, dans notre enseignement, il faut en parler.

Jean-Claude Drapeau, président de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec

Jugée humiliante et particulièrement nocive pour les jeunes qui souffrent de troubles alimentaires, la pesée peut avoir des effets dévastateurs, estime Anorexie et boulimie Québec. L’organisme est d’avis que cette pratique ne devrait pas avoir cours au vu et au su des camarades de classe.

De son côté, la directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids, Corinne Voyer, met en doute la pertinence du poids à lui seul comme indicateur de santé.

Un élève, qu’il soit maigre, moyen, gros, peu importe, s’il adopte de saines habitudes de vie, ils sont tous gagnants en bout de ligne.

Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids

Corinne Voyer convient que les éducateurs physiques ont une approche globale par rapport à la santé des jeunes, mais que la pesée doit être plus encadrée.

Au primaire et au secondaire, pour nous, on ne voit pas l’utilité, et au collégial, si c’est à être pratiqué, […] nous, on souhaite que ce soit sur une base volontaire.

Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids

Les « effets pervers » du poids santé

Le président de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec mentionne qu’auparavant, la question de la pesée dans les cours d’éducation physique était abordée de façon moins délicate :

Il y a eu des pratiques dans le passé où [on se préoccupait] de rien, si on veut, sur le plan d’une certaine éthique.

Jean-Claude Drapeau, président de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec

Les pratiques et les mentalités ont rapidement évolué, selon lui, grâce aux organismes comme Anorexie et Boulimie et la Coalition Poids.

Jean-Claude Drapeau croit toutefois qu’il existe des effets pervers du poids santé, qui ont une incidence sur l’estime de soi des jeunes.

Si on met trop [l'accent] là-dessus, ça donne l’impression qu’il y a des gens qui sont corrects, et les autres, quand ils ne sont pas dans la courbe appropriée, ils ne sont pas corrects. Et ça, c’est l’effet pervers.

Jean-Claude Drapeau, président de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec

La Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec demande à la Commission de la culture et de l'éducation du Québec plus de concertation entre les organismes et les acteurs engagés dans la promotion de saines habitudes de vie, qui se doivent d’être complémentaires.

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