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La plus importante érablière biologique de la Gaspésie réduit ses activités

Entreprises 3B de Marsoui a cédé en décembre dernier une grande partie de ses entailles à La Coulée d'élixir.

Un texte de Joane Bérubé

Fondée en 1999 par la famille Bélanger de Marsoui, Entreprises 3B comptait environ 90 000 entailles, ce qui en faisait une des plus importantes de la région Bas-Saint-Laurent-Gaspésie.

Le manque de relève, mais surtout aussi les difficultés pour une entreprise saisonnière de recruter, former et retenir ses employés, ont été parmi les principales raisons qui ont mené les deux propriétaires, Carl Bélanger et son père, à se départir du deux tiers de leur érablière. « Nous avons, précise M. Bélanger, un très bon noyau d’employés, mais c’est difficile de former quelqu’un chaque année pour trois ou quatre semaines. »

Les propriétaires ont choisi de poursuivre, mais avec une petite équipe de huit employés tout en misant sur la stabilisation. « Ça faisait notre affaire de consolider notre entreprise, être plus fort sur le marché local et mieux placé financièrement. On est plus solide qu’auparavant », commente Carl Bélanger.

Le nouveau propriétaire, indique M. Bélanger, souhaitait grandir et exploiter une très grande érablière

M. Bélanger explique qu’il a toujours eu recours à la main-d’œuvre locale, ce qui ne sera peut-être pas le cas de son acheteur, dont une partie du travail se fera de l’extérieur. « Nous, dans le passé, sommes devenus une très grande érablière puis à la force du temps, on a vu la rentabilité diminuer. C’était bon pour les deux parties. On ne pouvait pas demander mieux. »

Carl Bélanger admet qu’il n’est pas toujours facile de rentabiliser une très grande érablière en Gaspésie. Les entailles sont un peu moins productives, souligne-t-il. De plus, la région est soumise aux vents et aux tempêtes ce qui provoquent souvent des dégâts, donc des pertes.

C’était la troisième offre que recevait l’entreprise.

Un projet d'affaires moins gros

La qualité des produits, fait valoir M. Bélanger, a toujours été le premier souci de l’entreprise. Une plus petite entreprise permettra d’obtenir un meilleur contrôle du début jusqu’à la fin de la chaîne de production. « On va améliorer nos équipements en cuisine et en forêt, entre autres, l’informatisation pour avoir plus de rendement avec moins d’entailles. »

Vaut mieux avoir 30 000 entailles bien utilisées qui donnent un meilleur rendement que d’en avoir 80 000 et de ne pas avoir la possibilité de tout le lieu, de ne pas avoir le rendement maximal.

Carl Bélanger des Entreprises 3B

Le sirop des Entreprises 3B, entièrement biologique, sera dorénavant vendu principalement sur le marché local.

Carl Bélanger espère beaucoup de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec qui pourrait, au printemps, assouplir sa réglementation sur la commercialisation du sirop d’érable pour les petites entreprises qui effectue une transformation locale, comme c’est le cas d’Entreprises 3B.

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