« Tu disais en égorgeant qu'il fallait apprendre/ à égrener sa mémoire/ en pain derrière la peau », écrit la Rimouskoise d'adoption Laurence Lola-Veilleux dans son deuxième recueil de poésie, Amélia, qui vient de paraître aux éditions Poètes de brousse.

À travers des images fortes et une poésie concrète, Laurence Lola-Veilleux nous y raconte des pans de la vie d'Amélia, aux « cuisses brodées d'herbes à boire », et de son père trappeur, qui « fatigu[e] les sentiers à petits coups de pieds ».

Entre Amélia et son père, qu'on suit dans une forêt parfois inquiétante, on devine une relation à la fois porteuse et trouble :

La relation entre Amélia et son père est une relation très soudée parce qu'on comprend qu'elle est un peu prise avec lui, malgré elle...

Laurence Lola-Veilleux, auteure d'Amélia

Ainsi, Amélia apprend, un peu contre son gré, à tuer les bêtes, elle-même prise au piège, puisqu'elle n'arrive pas à s'affranchir de l'emprise de son père :

Il n'y avait rien d'autre à faire chausser les plumes des trappéstrancher la gorge des oiseaux convenablement

Extrait d'Amélia, de Laurence Lola-Veilleux

Pour la jeune poète qui, déjà dans Chasse aux corneilles (Poètes de Brousse, 2014), utilisait un langage cru, près des trippes et du corps, il est primordial que la poésie soit concrète, qu'on comprenne qu'un chat est un chat :

« Quand je lis une poésie, pour qu'elle me touche, il faut qu'on entre dans les sensations, il faut qu'on entre aussi dans quelque chose de tangible. Je n'aime pas lire de la poésie comme on lit des prières. »

Ainsi, on comprend bien que dans la poésie de Laurence Lola-Veilleux, il n'y a pas de demi-mesure, « il faut soit laisser en vie, soit tuer » et « quand vien[t] le temps » il faut « ouv[ir] les pièges/ et la galanterie fin[it] là. »

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