Retour

La popularité croissante du beurre fait baisser les revenus des producteurs de lait gaspésiens

Les revenus des producteurs laitiers de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine sont plus bas qu'à pareille date l'an passé. Curieusement, une hausse de la demande en beurre figure parmi les principales causes de cette diminution.

Toutefois, la situation serait temporaire. Elle est la même ailleurs au Québec.

Forte demande en matières grasses

Pour sa part, Normand Barriault, copropriétaire de la ferme Baderi et président du syndicat régional des producteurs de lait, a observé une perte de 4000 dollars par mois.

Il explique que les producteurs n'ont aucun contrôle sur l'utilisation de leur lait par l'industrie. Si la paye a diminué depuis quelques semaines, dit-il, c'est qu'il y a une très forte demande en matières grasses.

Actuellement une plus grande partie du lait entier est acheminée vers les deux créneaux les moins lucratifs pour les producteurs. L'industrie va écrémer plus de lait entier pour faire du beurre.

Les autres solides et protéines vont en lait écrémé, qui vaut 10 $ pour 100 litres. Une grosse différence si on considère que le producteur touche 100 dollars pour son 100 litres de lait, si l'industrie en fait du lait entier.

Redressement espéré d'ici les prochains mois

Pour René Charest, copropriétaire de la Ferme Isidore Charest à St-André de Restigouche, si la situation perdure toute l'année, il devra essuyer des pertes de 30 000 à 31 000 $ pour un an.

Il y a 19 producteurs laitiers en Gaspésie et aux Îles. Dix-sept d'entre eux se trouvent entre Les Plateaux et Shigawake, dans la Baie-des-Chaleurs, ce qui représente un fort impact pour l'économie de la région. On parle de dizaines de milliers de dollars en moins chaque mois.

Les consommateurs reviennent au beurre

Stéphane Day de l'UPA - Gaspésie confirme que la forte demande pour le beurre et la nécessité de reconstituer les stocks figurent parmi les facteurs qui vont influencer les prix.

« Le marché est complexe. Les mécanismes de fixation des prix mondiaux exercent aussi une influence. À l'international, les prix pour le beurre et la poudre de lait ont chuté. De plus, une étude de la Commission canadienne du lait a conclu à une diminution des coûts de production attribuable à la baisse du prix du blé », précise-t-il.

Par ailleurs, la hausse de la demande pour le beurre serait attribuable à des changements dans les habitudes des consommateurs. La croissance est de 4% par année depuis deux ans.

M. Day s'attend, du moins il le souhaite, à un retour à la normale dans les prochains mois. La situation dure depuis 9 mois.

Par ailleurs, pour le consommateur, ces fluctuations n'ont pas vraiment d'impact. Les prix restent les mêmes.

D'après un reportage d'Isabelle Larose

Plus d'articles

Commentaires