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La Sécurité civile rencontre les sinistrés de la Matapédia

Après les inondations, les sinistrés de la Matapédia sont maintenant invités à préparer des listes de leurs pertes, à présenter les factures des dépenses encourues et à prendre des photos des dégâts.

Un texte de Joane BérubéDes porte-parole de la Sécurité civile présentaient mercredi soir, à Amqui, le nouveau programme d’aide financière relatif aux inondations survenues au Québec entre le 5 avril et le 16 mai dans plus de 300 municipalités.

Les sinistrés pourront, dès l’envoi des premiers documents, recevoir un soutien financier pour les aider à réparer les dégâts laissés par les crues printanières.

Sept municipalités de la Matapédia font partie du nouveau décret, soit Amqui, Causapscal, Lac-au-Saumon, Sainte-Florence, Saint-Léon-Legrand, Sainte-Irène et Val-Brillant.

Il y avait donc, dans la salle du Club de golf Revermont, une soixantaine de Matapédiens qui ont sagement écouté les explications de l’agent de gestion financière de la Sécurité civile, Jean-François Lavoie.

Le représentant de la Sécurité civile leur a clairement détaillé le type de réclamations acceptées par le ministère, mais aussi les limites de cette réclamation.

Tout n'est pas remboursé

La Sécurité civile ne remboursera pas les dégâts causés par une infiltration d’eau puisque c’est un événement assurable.

L’ambiguïté provient souvent de l’assureur qui considère que c’est une inondation à partir du moment où la rivière déborde sur le terrain du sinistré. Chaque cas sera minutieusement analysé, assure M. Lavoie.

Les sinistrés devront assumer eux-mêmes les dommages subis à leur chalet, leur garage, leur piscine et leur véhicule récréatif.

Le programme ne rembourse pas les murs de soutènement ou les enrochements, mais peut aider, selon le montant des dommages, à une « immunisation », soit la surélévation du bâtiment.

De l'argent rapidement

Par contre, ceux qui auront droit à de l’aide pourront rapidement obtenir une première avance correspondant à environ 50 % des dommages.

La seconde avance suit la visite d’un expert mandaté pour évaluer l’ensemble des dégâts et le dernier paiement survient à la fin des travaux.

Généralement, indique M. Lavoie, qui était de fonction lors des Grandes Marées de 2010 et lors du passage de Katrina en Haute-Gaspésie en 2014, les dossiers se règlent en moins d’un an.

Les sinistrés auront donc droit à un remboursement maximal de 90 % du montant des dommages admissibles jusqu’à concurrence du coût de remplacement de leur maison. Même si dans son dernier décret Québec a haussé le montant maximal de réclamation à 200 000 $ pour une résidence principale,

M. Lavoie rappelle que la valeur de remplacement de chaque résidence sinistrée sera évaluée par un expert. « C’est toujours un peu plus élevé que l’évaluation municipale », précise M. Lavoie.

Mélanie Gauthier de Lac-au-Saumon était relativement satisfaite des informations reçues. Son sous-sol, où il y a eu de l’eau pendant quatre jours, est une ruine complète. Ils ont tout défait, chambres, salle de bain, salle de lavage, etc.

Ses assurances ont refusé leur demande. « On sait maintenant qu’on est admissible et qu’on va avoir de l’aide », conclut la jeune femme.

Le cas de la Ressourcerie

Plusieurs entreprises et commerces du centre-ville d’Amqui ont été sinistrés. Le programme s’adresse aussi à eux.

Certains cas, comme celui de la Ressourcerie, dont le local a été submergé par une cinquantaine de centimètres d’eau, sont toutefois plus complexes.

L’organisme sans but lucratif a dû jeter et enfouir tout l’ameublement usagé, les livres et les objets destinés à la vente qui ont été contaminés par l’eau.

Les employés ont déménagé ce qu’ils ont pu récupérer dans un autre local à l’étage, dans le même bâtiment.

Le bilan des pertes est plutôt lourd, estime le président de l’organisme, Gilbert Bérubé.

La soirée, croit M. Bérubé, était plutôt une séance d’informations générales. « Je crois qu’on est admissible, ajoute-t-il, mais ça reste à définir. Il y a beaucoup d’exclusions dans ce qu’ils donnent aussi dans leur décret, dans leur procédure. »

Des rencontres au centre sportif

Les sinistrés étaient invités par la suite à prendre rendez-vous avec un analyste de la Sécurité civile. Le ministère ouvrira, demain, jusqu’à 21 h, un bureau temporaire au centre sportif d’Amqui pour recevoir les demandes de réclamations.

Les gens pourront remplir ce que Jean-François Lavoie appelle « une demande abrégée de service », mais pourront aussi rencontrer un agent. « On est souvent capable, indique M. Lavoie, de recommander un premier paiement à la suite de cette rencontre si on a les pièces. »

Des représentants de la Régie du bâtiment, du Centre de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent et d’Hydro-Québec étaient aussi sur place pour renseigner les sinistrés.

Les résidents de 23 municipalités du Bas-Saint-Laurent et de 29 municipalités de la Gaspésie pourront recourir au programme.

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