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La Stratégie sur les pesticides suscite à la fois espoir et inquiétude

La Stratégie québécoise sur les pesticides est généralement bien accueillie au Bas-Saint-Laurent. Certains agriculteurs et apiculteurs restent toutefois sur leurs gardes, en attendant de voir concrètement quels seront les impacts réels de cette réduction d'utilisation de pesticides.

La stratégie aurait notamment pour effet de bannir l'usage de pesticides de la famille des néonicotinoïdes, qui affecterait la survie et la reproduction des abeilles, mais aussi celle des poissons et des oiseaux. En milieu agricole, on viserait à en limiter sévèrement l'usage. On tenterait aussi de restreindre l'utilisation d'autres pesticides dits « plus à risques. »

Joie, mais prudence pour un apiculteur

Le propriétaire de l'Hydromellerie du Vieux Moulin, à Sainte-Flavie, Normand Tremblay, affirme perdre en moyenne 25 % de ses ruches annuellement.

Selon lui, plusieurs facteurs expliquent ces pertes, entre autres, l'utilisation des néonicotinoïdes.

Même si M. Tremblay se réjouit de ces mesures, il doute qu'elles soient suffisantes. « On a appris avec le temps à être prudents, (...) parce que les insecticides en question ne sont pas, si j'ai bien compris, interdits. C'est juste que l'utilisation autrefois était basée sur la bonne volonté alors que maintenant, ce sera plus réglementé. »

Inquiétude chez les agriculteurs

Pour sa part, le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis, craint les conséquences financières de ces nouvelles réglementations. « On le sait pas ce qu'ils vont sortir là, l'équivalent de ce qu'on prend?, se demande-t-il. On le sait pas, mais s'il faut qu'on passe deux à trois fois dans le champ pour avoir le même résultat, qu'est-ce que ça va donner? »

D'après M. Marquis, une réduction des pesticides en milieu agricole entraînerait la production de légumes un peu moins attrayants.

Le public est-il prêt à renoncer aux gazons impeccables?

Quant à Paul Leblanc, propriétaire de l'entreprise BMP, qui effectue de l'aménagement paysager, il a déjà réduit l'utilisation des pesticides.

Il prévient les amoureux des gazons impeccables : ils devront accepter de voir des pissenlits.

Selon M. Leblanc, c'est l'abus de pesticides qui a forcé la province à prendre de telles mesures.

D'après un reportage de Jennifer Boudreau

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