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La surconsommation d'eau potable, un problème très gaspésien

La surconsommation d'eau potable est un problème commun à l'ensemble des municipalités du nord de la Gaspésie. C'est l'un des principaux constats du Conseil de l'eau du nord de la Gaspésie qui a déposé il y a quelques semaines son plan directeur de l'eau.

Un texte de Joane Bérubé

Selon le rapport, l'eau est tenue pour acquise en Gaspésie et en général, les élus comme la population ne sont pas sensibilisés à une bonne gestion de l'eau. Le conseil craint même que l'eau vienne à manquer pour les générations futures.

D'ici 2017, les municipalités devront se conformer à la cible fixée par la Stratégie québécoise sur la protection de l'eau potable de 622 litres par personne par jour. Pour certaines municipalités le défi sera plus grand que d'autres.

De vieilles infrastructures

Ainsi, la moyenne de consommation d'eau potable à Murdochville est de près de 1500 litres d'eau par jour, soit deux fois la moyenne québécoise.

Selon Julie Madore, du Conseil de l'eau du nord de la Gaspésie, le cas de Murdochville est en grande partie attribuable à la vétusté de ces installations. Elles ont été construites, souligne Mme Madore, dans les années 1950 pour desservir une population de 5000 personnes.

D'après les chiffres rapportés par le Conseil de l'eau, les pertes du réseau d'aqueduc de Murdochville étaient évaluées en 2012 à 47 %.  

Mme Madore ajoute que dans la région, la surconsommation de l'eau peut aussi être attribuée aux conditions climatiques hivernales jumelées avec des systèmes en mauvais état. « Durant l'hiver, les gens vont laisser couler l'eau pour éviter le gel dans les tuyaux, entre autres dans les endroits isolés », précise-t-elle.

Les conditions hivernales vont aussi générer plus de bris dans les réseaux, et conséquemment, plus de fuites.

Efforts et sensibilisation

Julie Madore reconnaît que les municipalités font des efforts pour se conformer aux cibles fixées par Québec et que les données du plan directeur datent de 2012 à 2014. Les municipalités auront aussi besoin d'aide pour rénover leurs infrastructures, précise-t-elle. 

Gaspé, dont la moyenne de consommation dépasse les 1000 litres par personne par jour, a pu déposer cet automne une demande au Fonds pour l'eau potable. Toutefois, Québec a fermé trois semaines seulement après son lancement en raison du nombre trop important de demandes.

Environ 88 % de la population de la zone d'intervention du Conseil de l'eau du nord de la Gaspésie, soit un peu plus de 26 000 personnes, s'approvisionnent à un réseau d'aqueduc municipal. Cinq réseaux des 17 réseaux sont alimentés par des eaux de surface. Deux autres sont alimentés à la fois par des eaux souterraines et de surface.

Selon Julie Madore, le faible niveau de population ne fait pas de pression énorme sur les réseaux, qui n'ont généralement pas de problème d'approvisionnement, sauf ceux alimentés par des eaux de surface.

Le plan directeur de l'eau met le doigt sur les problématiques de l'eau du territoire, mais selon Julie Madore, malgré l'état des infrastructures dans certaines municipalités, la première étape est de commencer par une consommation responsable de l'eau par les industries et les citoyens.

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