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La tordeuse moins vorace que prévu en forêt privée

Au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, les dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l'épinette seraient moins importants que ce qui avait été appréhendé par les producteurs en forêt privée, et ce, malgré l'absence d'arrosage.

Un texte de Joane Bérubé

Cette diminution des dommages s'est surtout fait sentir le long de la côte. Par contre, l'épidémie s'est aggravée dans le sud de la Matapédia, où des dommages assez sévères ont été observés.

Selon l'ingénieur forestier et directeur des services forestiers à l'Agence de mise en valeur des forêts privées du Bas-Saint-Laurent, Martin Lepage, cela ne veut pas dire que l'épidémie est en régression. « C'est seulement que les dommages qui en a résulté cette année ont été moindres que l'an dernier ».

C'est tout de même une bonne nouvelle pour les producteurs de bois puisque, selon Martin Lepage, cela prend plusieurs années consécutives de dommages pour entraîner la mortalité des arbres.

L'épidémie de la tordeuse peut s'étendre sur une période de 10 à 15 ans, mais son impact est variable d'une année à l'autre et d'un secteur à l'autre, précise l'ingénieur forestier.

L'épidémie est tout de même en progression de 11 % sur l'ensemble du territoire du Québec comparativement à l'an dernier. Dans la région, l'épidémie s'est surtout étendue dans le secteur sud-est du Bas-Saint-Laurent, dans le parc de la Gaspésie et dans l'ouest de la Baie-des-Chaleurs.

Depuis ses premières manifestations en 1992, la tordeuse a ravagé plus de 7 millions d'hectares, dont plus de 1 million au Bas-Saint-Laurent et 371 000 en Gaspésie.

C'est toutefois, et de loin, la région de la Côte-Nord qui est la plus touchée avec plus de 3,7 millions d'hectares défoliés, selon le dernier rapport 2016 des aires infestées du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Une récolte selon les zones touchées

Il n'est pas dans les prévisions du ministère d'arroser les superficies de la forêt privée. Pour les producteurs forestiers, le seul moyen de minimiser les pertes est d'étaler les récoltes dans le temps et les endroits infestés, en fonction de la progression de l'épidémie.

La première épidémie, dans les années 70, a permis d'estimer la progression potentielle de la tordeuse. « Ce n'est pas parfait, mais ça permet d'anticiper les endroits où l'épidémie pourrait progresser au cours des prochaines années », indique M. Lapage.

Depuis 2012, l'épidémie a touché près de la moitié de la superficie en petite forêt privée.

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