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La Traversée de la Gaspésie jusqu’à Montréal : pari risqué, mais réussi

Certains se questionnaient sur la pertinence d'amener les participants de la Traversée de la Gaspésie (TDLG) 2017 jusqu'à Montréal. Une fois l'aventure terminée, la présidente de l'organisme, Claudine Roy, se félicite d'avoir osé : les retombées de la TDLG 2017 sont inestimables, évalue-t-elle.

Un texte de Brigitte Dubé

Claudine Roy a eu cette idée de profiter du 375e anniversaire de Montréal pour augmenter la portée de son événement.

Partir de la croix de Jacques-Cartier et se rendre à celle plantée par Maisonneuve sur le mont Royal, c’était un peu fou de faire ça en plein mois de janvier! Mais pour nous, c’était d’ouvrir de nouvelles portes à notre événement.

Claudine Roy, présidente de la TDLG

Samedi, environ un millier de personnes s’étaient réunies sur le mont Royal pour l’apothéose de l’événement. Claudine Roy a pu plaider la cause gaspésienne la devant des gens de la communauté politique et entrepreneuriale de Montréal. Devant ce public citadin et influent, elle a fait valoir tout le potentiel de l’hiver et de la nature gaspésienne.

Je leur ai dit qu’on se doit de développer notre hiver et de bien le faire; que c’est un beau projet d’avenir qu’on a entre les mains; que c’est comme ça qu’on se développe, en ayant des projets plus grands que nature et visionnaires.

Claudine Roy, présidente de la TDLG

Elle a aussi souhaité que la TDLG s’inscrive dans le cadre de la Stratégie maritime.

Retombées médiatiques

En plus de la généreuse couverture médiatique à Québec et à Montréal, Claudine Roy mentionne également la participation des personnalités, journalistes et artistes qui ont parlé positivement de la TDLG et de la Gaspésie sur toutes sortes de tribunes.

Par exemple, la réserve faunique de Matane a bénéficié d’une visibilité inespérée. « Le mont Pointu a été le coup de cœur des participants cette année, rapporte la présidente. Ils ont capoté! »

Depuis les 15 dernières années, la TDLG a généré des retombées médiatiques immenses pour la Gaspésie.

Claudine Roy rappelle qu’une étude effectuée par une firme indépendante, il y a environ cinq ans, avait calculé qu’un article publié dans le New York Times avait généré des retombées de 1,8 million de dollars. « C’est infiniment plus efficace que ce qu'on aurait pu se payer en publicité », estime-t-elle.

Cette année, encore une fois, des journalistes de l’étranger s’étaient déplacés. Parmi eux : Annick Cojean du journal Le Monde, qui a passé la semaine et le Français Géry Bertrande du Journal des entreprises, qui a rencontré des entrepreneurs gaspésiens, ce qui pourrait avoir des retombées économiques intéressantes.

Le financement n’est jamais assuré

Les frais de ces journalistes étrangers sont couverts à 75 % par Développement économique Canada qui vient d’annoncer un renouvellement de ce partenariat. La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, a annoncé samedi une aide de 187 500 dollars sur trois ans.

Mais ce ne sont pas des frais de fonctionnement et la TDLG doit toujours s’assurer d’avoir les fonds nécessaires, ce qui n’est pas une mince tâche pour un événement gaspésien.

« On a besoin entre 15 et 20 % de financement public, précise Claudine Roy. La ministre du Tourisme, Julie Boulet a confirmé une aide financière, mais il reste encore des choses à attacher pour boucler le financement. »

Mme Roy déplore le fait que les programmes d’aide soient liés à l’achalandage.

Aucun de nos événements régionaux n’entre dans les critères du ministère du Tourisme. Il y a un malaise quelque part.

Claudine Roy, présidente de la TDLG

« J’ai expliqué à la ministre Boulet qu’il faut voir autrement pour la Gaspésie, constater les retombées médiatiques », mentionne-t-elle. C’est difficile pour nous comme pour tous événements en Gaspésie. Je pense à Alan Côté qui se débat comme un diable dans l’eau bénite pour le Festival de Petite-Vallée. »

Un regroupement d’organismes baptisé LEG milite pour une meilleure reconnaissance des gouvernements.

Épuisée après cette 15e folle aventure, Claudine Roy se réjouit de voir à quel point la Gaspésie a rayonné depuis 15 ans.

Elle se dit aussi reconnaissante envers les quelque 25 % d’accros à la TDLG, qui reviennent chaque année; en particulier ceux qui prennent leurs vacances en fonction de la TDLG : ils font la traversée d’hiver et celle à bottines aussi.

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