L'écrivain Larry Tremblay, auteur entre autres de L'orangeraie, fait partie des invités d'honneur du Salon du livre de Rimouski. Nous l'avons rencontré pour parler de ses deux derniers ouvrages Même pas vrai et L'impureté, parus aux Éditions La Bagnole et Alto.

Larry Tremblay, vous venez de faire paraître un roman graphique intitulé Même pas vrai qui met en scène un petit garçon. C'est la première fois que vous vous lancez dans la littérature jeunesse... pourquoi avoir voulu donner la parole à un enfant?

On a tous un enfant en soi et il faut le laisser vivre, il faut le laisser s'exprimer. Pendant des années, ce petit garçon que j'ai appelé Marco me hantait, m'obsédait et je ne l'écrivais pas, mais c'est comme si je l'entendais rire en moi.

Ce n'est pas moi, Marco, mais il y a un petit Larry dans ce petit Marco, j'imagine. Et il y a un été où j'ai dit : « d'accord Marco, je vais t'écrire » et je me rappelle, je l'ai écrit avec un sourire dans la figure, j'ai écrit le texte sans savoir qu'il serait publié, sans savoir pour qui je l'écrivais, c'est simplement un grand plaisir que je me suis accordé.

Comment avez-vous trouvé ça de travailler avec quelqu'un qui faisait des illustrations à partir du texte que vous avez imaginé?

Il a fallu trouver l'illustrateur. [...] Quand j'ai vu le travail de Guillaume Perreault, j'ai senti tout de suite que ça pouvait marcher et je ne me suis pas trompé parce que ç'a cliqué, il y a une chimie qui s'est installée.

J'ai tout de suite adhéré à son projet, à sa façon de mettre en scène les personnages dans l'espace et finalement ça n'a pas demandé un énorme travail puisque nos imaginaires ont fusionné assez rapidement.

Vous abordez des thèmes qui ne sont pas nécessairement évidents dans vos romans : la folie, l'inceste, le terrorisme... Est-ce que c'est important pour vous de montrer que le mal a ses raisons?

C'est une question philosophique qui m'habite depuis l'adolescence. [...] Pourquoi le mal existe? Qu'est-ce qu'on peut faire pour contrer le mal? On le figure, on l'incarne par des personnages, par des idéologies, par toutes sortes de choses sociales et politiques, mais le mal se retrouve aussi en chacun de nous et donc chacun a une sorte d'autocritique à établir. Le roman pour moi est un bel espace de réflexion critique pour s'interroger soi-même sur son système de valeur, sur son comportement par rapport à son système de valeur.

Vous êtes un écrivain, vous polissez, sculptez vos textes avant de les rendre publics, que pensez-vous de l'époque dans laquelle on vit où il y a une abondance de mots, de choses qui sont publiées à un rythme très rapide?

Il y a un grave problème et il y a aussi une surdose d'information. J'ai fait une réflexion il y a quelques années sur la « googlelisation » du roman, où on a tellement de facilité d'accès à des informations que « googleler » devient un outil du romancier, important et essentiel peut-être, mais aussi dangereux selon moi.

La facilité avec laquelle on a toutes ces informations peut changer la ligne directrice d'un roman. Il y a beaucoup de digressions, on devient très curieux par rapport à telle ou telle chose, ce qui fait que les personnages deviennent un peu victimes de cette surdose d'information.

Chaque artiste doit gérer cette surdose d'information et ce rythme effréné aussi. Je n'ai pas de téléphone intelligent, j'essaie d'être moi-même intelligent, le plus possible, parce que je considère que d'en avoir un me ferait du tort.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine