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Le coenseignement : quand deux têtes valent mieux qu’une

Depuis quelques années, des professeurs du primaire ont décidé de s'associer pour enseigner à un plus grand nombre d'élèves. Dans deux écoles de la Commission scolaire Kamouraska-Rivière-du-Loup, des professeurs enseignent à des classes de plus de 50 jeunes.

D'après les informations de Patrick Bergeron

Dans la classe de sixième année de l'école La Croisée II de Rivière-du-Loup, Gino Fournier et Mélissa Bouffard enseignent à 51 élèves.

Gino a eu cette idée il y a près de 10 ans. Il a alors regroupé sa classe avec celle d’une ex-collègue pour des projets spéciaux. Tranquillement, d’autres matières se sont ajoutées pour en arriver à une classe permanente comme c’est le cas aujourd’hui.

Il y a un dicton qui dit que deux têtes valent mieux qu'une alors, nous, c'est ce qu'on vit au quotidien.

Gino Fournier, enseignant à l'école La Croisée II

Depuis ce temps, la direction de l'école a déplacé les élèves dans une classe beaucoup plus grande au deuxième étage de l'établissement.

Mélissa Bouffard et Gino Fournier enseignent la plupart des matières ensemble, sauf les cours d’éducation physique, d’anglais et de musique puisque l’école n’a qu’un seul enseignant spécialisé dans ces matières.

Lorsqu'ils se retrouvent en classe avec les 51 élèves les deux enseignants travaillent le plus souvent en duo .

C'est un travail d'équipe. À un moment donné c'était moi qui devait installer le tableau interactif et il fallait que j'anime en même temps. Alors Gino est venu m'installer ce dont j'avais besoin pendant que je continuais à parler.

Mélissa Bouffard, enseignante à l'école La Croisée II

Pendant que l’un parle, l’autre peut aussi aller voir un élève distrait, en aider un autre ou encore répondre à la question d’un jeune plus timide par exemple.

L’avis des élèves

La plupart des élèves apprécient le concept.

« T'es pas le même nombre donc, quand t'as des questions, t'as des voisins à côté de toi donc c'est plus facile. »

Noémie Pelletier, élève

« Ça fait comme si c'était une classe normale. Moi je ne trouve pas que ça fait beaucoup de différence. Je me suis habitué vite à cette classe-là. »

Félix Lagacé, élève

« Pendant les exposés, c'est un peu gênant. C'est comme à 51 élèves et déjà là, je suis un peu gêné. »

Simon Soucy, élève

Des parents qui doutaient

Au départ, certains parents étaient réticents à voir leurs enfants dans une si grande classe. Certains craignaient que les enseignants ne puissent maintenir le calme et l'attention d'une cinquantaine d'enfants de 12 ans.

Mais après sept ans, ces craintes semblent apaisées, selon M. Fournier. Certains sont venus visiter les classes pour voir comment les journées se déroulaient.

Cette inquiétude était partagée par l’enseignante Hélène Vallée de Monseigneur-Boucher, de Saint-Pascal dans le Kamouraska. Elle s’occupe maintenant, elle aussi, d’une classe de cinq et sixième année d’une cinquantaine d’élèves.

Moi j'étais un peu craintive, mais quand j'ai vu ça, j'ai eu un coup de coeur. Je me suis dit c'est ça l'enseignement! C'est être deux et être dans un train qui roule.

Hélène Vallée, enseignante à l'école Mgr-Boucher

Un partenariat bénéfique

Autant à Rivière-du-Loup qu'à Saint-Pascal-de-Kamouraska, les enseignants confirment que leur partenariat permet de maximiser le temps d'enseignement.

Sans exagérer, à la fin d'une seule journée, on a sûrement récupéré une bonne quinzaine de minutes d'enseignement qu'on aurait perdu si on avait été seul. Donc à la fin d'une semaine, ça représente une grosse période de mathématique ou de français.

Yvan Lévesque, enseignant à l'école Mgr-Boucher

Depuis septembre, une classe similaire a été créée dans une autre école du Bas-Saint-Laurent, à Saint-Antonin.

Impossible toutefois de dire combien de classes de coenseignement existent ailleurs au Québec.

Ni le ministère de l'Éducation ni la Fédération des commissions scolaires ne comptabilisent le nombre de classes du genre.

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