Le 18 avril 2015, il y a un an, la Société des traversiers du Québec (STQ) prenait officiellement possession du F.-A.-Gauthier qui allait prendre le relais du Camille-Marcoux pour assurer la liaison maritime entre Matane, Baie-Comeau et Godbout.

Un texte de Joane Bérubé

Le navire accostait au quai de Matane, envahi par les curieux venus voir le nouveau fleuron de la Société des traversiers, tout frais sorti du chantier naval Fincantieri en Italie.

Un an, plus tard, le navire est surtout connu pour ses problèmes au grand dam de la Société des traversiers qui aimerait bien qu'il en soit autrement.

Le navire a fait sa première traversée officielle le 13 juillet, après trois mois de rodage. Après 280 jours de navigation, plus d'une centaine de défaillances techniques ont été relevées. Pour le PDG de la Société des traversiers, Jocelyn Fortier, c'est normal pour un navire de huit ponts avec autant de nouvelles technologies. Il rappelle que le navire n'a été à l'arrêt que cinq jours en raison de panne.  

C'est le capitaine Léonard Michaud qui a eu l'honneur d'effecteur la première traversée officielle, mais c'est aussi lui qui a fait la première sortie sur le fleuve avec le nouveau bateau au printemps 2015. « La première fois, on ne le sent pas le navire, on ne sent rien du tout, on commence à l'apprendre. Au bout d'un an, on fait des choses qu'on n'aurait pas faites le premier jour. On sort maintenant avec plus de vent qu'avec le Camille-Marcoux », raconte le capitaine Michaud.

Un an plus tard, le capitaine estime qu'il s'agit du meilleur bâtiment qu'il a eu l'occasion de conduire. « C'est mon septième ou huitième navire, dit-il, et c'est probablement le meilleur bâtiment que j'ai eu le privilège de conduire. Malgré toute la voilure, la prise dans le vent, la dérive que ça occasionne, la facilité qu'on a de contrer ça avec les machines, c'est formidable. On a beaucoup de capacité de manœuvre, c'est extraordinaire. »

Pas aussi vert que prévu

Reste qu'une des fiertés de la Société des traversiers, soit un navire fonctionnant au gaz naturel liquéfié a connu quelques ratés.

Le F.-A.-Gauthier est équipé d'une technologie nouvelle et est, en fait, le premier traversier fonctionnant au gaz naturel liquéfié jamais construit en Italie. Le système est rapidement tombé en panne et le traversier fonctionne depuis au diesel, beaucoup plus polluant.

La porte-parole de la Société des traversiers, Maryse Brodeur, assure que système a été réparé et qu'il n'existe plus qu'un problème lié aux détecteurs auxiliaires à régler pour le traversier puisse être alimenté au GNL. Tout rentrera dans l'ordre lors de la cale sèche prévue au printemps, assure Mme Brodeur.

Pour sa part le PDG, Jocelyn Fortier, est plus que confiant envers le choix de la STQ : « Vous verrez bientôt beaucoup de navires qui vont opérer sur le fleuve avec le GNL et c'est nous qui aurons ouvert le chemin. »

Deux ans de mise au point

Maryse Brodeur compare le rodage du traversier avec celui d'un grand hôtel.  

C'est aussi ce que croit le capitaine Michaud. « Chaque navire est un prototype. Un navire est toujours unique. Il y a une période de rodage qui peut aller jusqu'à deux ans », précise le navigateur.

Cette période de mise au point est aussi nécessaire pour l'équipage. « C'est, fait valoir le capitaine du F.-A.-Gauthier, de la technologie nouvelle, l'équipage apprend beaucoup. Je dirais que l'équipage qu'on avait il y a un an, comparativement à l'équipage qu'on a maintenant, on est une coche au-dessus et ce sont les mêmes individus. Il y a beaucoup de choses qui nous inquiétaient il y a un an que maintenant c'est rendu de la routine, que ça ne nous énerve plus et que même on le prévient et ça n'arrive plus. Et l'année prochaine on va être encore meilleurs. Et le bateau va s'être placé encore plus. »

Cale sèche retardée

La STQ garantit que tous les problèmes sont sous la garantie d'un an du constructeur et que les pièces modifiées ou remplacées le seront pour une année supplémentaire.
En attendant, le navire doit subir une inspection complète et des réparations.

Le bateau sera en arrêt technique au début mai.

La Société des traversiers toutefois n'est pas en mesure de dire à quel moment aura lieu la cale sèche. Prévue initialement pour le 15 mai, la cale sèche de fin de garantie, responsabilité du constructeur Fincantieri, aura vraisemblablement lieu au début du mois de juin. Le PDG de la STQ, Jocelyn Fortier, attend des confirmations du chantier italien. Des négociations ont lieu entre Verreault Navigation et Fincantieri.

Malgré les problèmes, la clientèle a été au rendez-vous. L'entrée en service du F.-A.-Gauthier s'est traduite par une hausse globale de 20 % de la clientèle. La STQ, qui offre un forfait excursion à bord du F.-A.-Gauthier misera encore plus sur la clientèle touristique cet été avec l'ouverture de la cantine et du bistro, où seront servis des bières des microbrasseries locales et des produits du terroir.

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