Retour

Le F.-A.-Gauthier : un fleuron de la navigation, selon la STQ

Malgré les 160 bris répertoriés jusqu'à maintenant sur le nouveau traversier qui relie Matane à Baie-Comeau et Godbout, la Société des traversiers du Québec (STQ) maintient qu'il s'agit de problèmes tout à fait normaux dans un contexte de rodage. « C'est un très, très beau navire », soutient le PDG de la Société, Jocelyn Fortier.

Un texte de Joane Bérubé

La Société admet néanmoins avoir des problèmes de communication sur l'état du navire.  Le dossier est devenu très politique et le ministre des Transports Jacques Daoust a dû à nouveau jeudi répondre aux questions des députés en Chambre et réagir à la sortie du caucus de son parti sur les problèmes du navire.

La saga est aussi suivie de près par Fincantieri qui souhaite que le F.-A.-Gauthier soit un démonstrateur américain pour attirer éventuellement d'autres commandes.

La STQ préfère d'ailleurs parler de réclamations de garantie plutôt que de bris. Sur les 160 problèmes signalés au constructeur italien Fincantieri, 72 ont déjà été réglés, précise la Société qui a tenu une rencontre avec les médias, jeudi après-midi, pour faire le point sur les spécificités du navire et de sa garantie. 

La STQ a donc rappelé que selon le contrat du F.A.-Gauthier, sa garantie est de douze mois, soit jusqu'en avril 2016. Toutefois, la Société et le constructeur se sont entendus pour que cette garantie s'étende jusqu'à la mi-mai, au moment où le navire entrera en cale sèche. Les pièces déjà réparées ou qui seront réparées demeureront sous garantie pendant 12 mois supplémentaires, assure la STQ.

Gaz naturel liquéfié

Les autorités de la STQ se sont aussi faits rassurantes sur l'utilisation du système de propulsion au gaz naturel liquéfié en panne depuis septembre dernier.  La direction de la STQ estime être en mesure de réparer le système d'ici la fin mars.

Les travaux de réparation seront entrepris la semaine prochaine en collaboration avec Fincantieri. Le système, qui devait faire du F.-A.-Gauthier un navire plus « vert », ne fonctionne plus en raison, d'abord d'un problème au dispositif d'évaporation. Depuis, en décembre, une valve gelée a aussi été détectée.

Dédommagement demandé

La STQ a calculé que depuis sa mise en service en juillet, le F.-A. Gauthier a effectué 732 traversées. Au total, 34 traversées ont dû être annulées en raison d'un conflit de travail, 5 en raison des conditions climatiques et 3 seulement en raison des bris mécaniques.

À ce sujet, des députés, dont celui de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, souhaitent que la Société dédommage les utilisateurs du service de traversier entre Matane-Baie-Comeau et Godbout. Au cours des dernières semaines, deux traversées ont été annulées le dimanche soir, obligeant les clients de la STQ, souvent des travailleurs, a effectué un détour par Québec, un trajet de plus d'une dizaine d'heures en autobus.

Pascal Bérubé lance d'ailleurs un défi à la STQ, soit celui de la fiabilité.

Le député souhaite ainsi garantir un dédommagement aux clients de la STQ en cas de bris. « Il y a des gens qui perdent une journée de travail, qui doivent prendre une chambre dans un hôtel, qui doivent faire les 900 km de route entre Baie-Comeau et Matane. »

M. Bérubé juge que la Société des traversiers dispose des budgets nécessaires puisque le navire a coûté moins cher que prévu. En effet, le navire et les travaux d'aménagements des trois gares fluviales ont coûté 220 millions au total, soit 40 millions de moins que le budget initialement planifié.

La Société, croit Pascal Bérubé, pourrait même noliser un petit avion entre Baie-Comeau et Mont-Joli pour les gens sans voiture ou payer le coût de l'essence pour les camionneurs qui doivent rouler 900 km de plus. « On est convaincus que la population est derrière nous avec cette proposition positive. On espère qu'elle sera appréciée par la STQ et son ministre responsable », lance Pascal Bérubé.

Prudent, le PDG de la STQ, Jocelyn Fortier, n'a pas fermé la porte à cette éventualité, mais ne l'a pas ouverte non plus. « Je vous donne une réponse à la normande », a-t-il indiqué en ajoutant qu'il laissait le soin aux administrateurs de la Société de trancher la question.

Retour du Camille-Marcoux

En attendant, le F.-A.-Gauthier sera en arrêt à partir de mai pour son inspection technique annuelle qui sera réalisée au quai de Matane. Puis le navire entrera en cale sèche pour deux semaines au chantier Maritime-Verreault des Méchins, et ce, aux frais du constructeur Fincantieri.

Durant ce mois d'absence, ce sera le bon vieux Camille-Marcoux, le traversier qui, durant 40 ans, a fait la navette entre Matane et la Côte-Nord, qui reprendra du service.  La capacité de transport entre les deux rives sera réduite de 600 à 399 passagers et de 180 à 120 véhicules. 

Plus d'articles

Vidéo du jour


L'art d'être le parfait invité