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Le fleuve comme lieu historique, Cacouna comme sanctuaire de béluga

En désignant le fleuve Saint-Laurent comme lieu historique, le premier ministre Philippe Couillard a, du même souffle, écarté les projets de développement industriel intensifs au port de Gros Cacouna.

Un texte de Joane Bérubé avec la collaboration de Patrick Bergeron

Le premier ministre Couillard estime que la mise en valeur du port devra être réalisée en respectant l’habitat du béluga.

Avec cette déclaration, le premier ministre se conforme à la décision d’Ottawa qui a annoncé l'an dernier que l’habitat essentiel du béluga serait désormais protégé par la Loi sur les espèces en péril.

Philippe Couillard a évoqué l'idée de développer un projet touristique en lien avec la protection des bélugas. « On va trouver, a déclaré le premier ministre, une autre façon de mettre en valeur cet endroit, peut-être en utilisant la richesse faunique pour la montrer et l'expliquer, pour en faire un intérêt touristique. »Cette approche semble concorder parfaitement avec celle associée au projet des Malécites de Viger qui souhaitent se porter acquéreurs du port de Gros Cacouna.

Protection de l'environnement et développement économique

Ghislaine Daris, mairesse de Cacouna, ne voit pas de contradictions entre le développement économique du port et la protection des bélugas, même si le port, dit-elle, est surtout un instrument de développement économique. Si de grands projets se présentent, ils seront analysés en temps et lieu en tout respect des normes et règlements actuels, poursuit Mme Daris.

Le milieu attend aussi, ajoute-t-elle, les résultats de l’étude sur les bélugas.

Québec a en effet annoncé ce printemps qu’il entendait commander une étude sur la cohabitation entre le béluga du Saint-Laurent et le « développement économique ».

Le président de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup, Hugo Dubé, rappelle que la municipalité offre un parc industriel avec un haut potentiel de développement économique. Selon lui, la situation géographique du parc, situé à proximité du port, permettrait de développer le secteur sans avoir d’impact sur les bélugas.

Le premier ministre a aussi indiqué que la désignation du fleuve comme lieu historique ne modifierait pas les législations en vigueur et que cette reconnaissance ne sera pas un frein au développement économique.

D’ailleurs, le port de Cacouna fait partie des cinq infrastructures dont Québec entend négocier le transfert de propriété avec Transports Canada.

Philippe Couillard a aussi précisé, lors de son annonce, que son gouvernement continuerait à favoriser une transition énergétique vers l'eau et les énergies renouvelables en lieu et place du pétrole.

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