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Le football et la défaite comme école de vie 

C'est une histoire de courage et de détermination. Peut-être même de résilience. 

Depuis trois ans, l'équipe de football Les Gaulois du Cégep de La Pocatière et de l'Institut de technologies agroalimentaire accumule les défaites : aucune victoire cette année, aucune l'année dernière et aucune l'année précédente.

Et pourtant, les joueurs n'abandonnent pas. Ils sont là quatre soirs par semaine pour les entraînements, en plus du samedi ou du dimanche pour le match hebdomadaire.

Grandir dans la défaite

Lorsque l'on rencontre ces jeunes joueurs, on comprend immédiatement qu'ils prennent leur engagement très au sérieux.

« Après les défaites, les gars sont émotifs » dit l'imposant joueur de ligne défensive, Pascal Rancourt.

« Ils ont le goût de pleurer la plupart du temps » dit-il, alors que son tout aussi imposant collègue Charlie Caron affirme que la défaite et le football, « ça te bâtit un homme. Ça donne des valeurs ».

Ils ont 17 ans. Au mieux 20, mais de leur expérience, ils donnent un sens à la défaite qui va au-delà de la joute sportive.

« À force de perdre, dit Antoine Dumas, tu te rends compte que tu peux toujours t'améliorer. Tu es toujours meilleur au match suivant. Ce sentiment ne peut t'habiter quand tu gagnes. »

Philosophe, le receveur de passes Marc-Olivier Roy ajoute qu'il est évidemment agréable de gagner, mais que c'est dans la défaite et l'adversité que l'on se bâtit un caractère. 

Encourager encore et encore

L'entraîneur en chef de l'équipe, Philippe Bouchard-Dufour, dit qu'il n'y a pas de recette miracle pour encourager des joueurs qui vivent des revers à répétition.

Après chaque match, il insiste pour souligner les belles performances individuelles ou de groupe, mais il concède que « l'ambiance est toujours difficile après une défaite ».

Du terrain de football aux salles de classe

Ces jeunes cégépiens expliquent spontanément que les durs apprentissages de la défaite les obligent à développer une discipline qu'ils appliquent, par la suite, à leurs études. Le receveur de passes, Thomas Sasseville, dit que c'est un peu comme si l'encadrement rigoureux du football devenait une façon de faire naturelle pour gérer ses études. 

Avec la même franchise, Anthony Lavoie, dit que la discipline du football lui a appris à être plus fort lorsqu'il est confronté aux défis scolaires. Le discours est le même chez ses coéquipiers. Antoine Dumas et Charlie Caron disent que leur approche est désormais la même que le revers, soit en classe ou sur le terrain de football. 

Antoine Dumas ajoute qu'une telle façon de faire contribue « énormément » à réussir en classe. Il ajoute: « Ça donne une éthique de vie qui s'applique au football, aux études et dans les autres sphères de la vie ».

L'avenir

Les Gaulois ont perdu leur dernier match de la saison par le score de 11 à 6 contre la meilleure équipe de la ligue, celle du Cégep de Jonquière. Le quart-arrière, Olivier Roy, conclut de cette saison que ses coéquipiers ont travaillé jusqu'à la fin et qu'ils peuvent être fiers d'eux.« Ils ont été courageux de revenir au jeu, semaine après semaine malgré tant de défaites. » 

Après trois années avec l'équipe, le demi offensif, Antoine Dumas, quitte le cégep pour l'université où il espère encore jouer au football. De son passage à La Pocatière, il retient les éléments positifs. 

Tous les joueurs à qui nous avons parlé et qui poursuivent leurs études à La Pocatière ont dit qu'ils seraient de retour l'an prochain pour jouer au football. Et tous ont affirmé espérer connaître la victoire. 

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