Retour

Le maire de Grande-Rivière modère l'opposition de la Ville au projet de loi 110

La Ville de Grande-Rivière a adopté une résolution qui ne laisse aucun doute sur l'intention du conseil de s'opposer et de ne pas appliquer le projet de loi 110 s'il est adopté. Toutefois, le maire modère cette intention de refuser d'appliquer la future loi.

Un texte de Jean-François Deschênes

Pour Grande-Rivière, le projet de loi 110 nuit au « droit fondamental de négocier ». La résolution adoptée le 11 octobre 2016 précise aussi qu'il « pourra y avoir des répercussions négatives sur le climat et les relations de travail dans le secteur municipal » s'il est adopté.

La Ville demande à Québec de respecter l'autonomie des municipalités et demande le « pouvoir de se soustraire de l'application de celle-ci et ainsi négocier librement avec les associations syndicales ».

Le maire de Grande-Rivière, Bernard Stevens, appuie tous ces points qui ont été adoptés à l'unanimité parce que « c'est une loi pour les grandes villes », estime-t-il. Il ajoute que la municipalité n'a jamais eu de problème à négocier avec la douzaine d'employés syndiqués.

Modification de la résolution?

Toutefois, il revient sur un point de la résolution qui précise que Grande-Rivière « n'entendra pas recourir à l'application d'une telle loi si elle est adoptée tel que rédigée ». Un point de vue qui rejoint la décision de la Ville de Sorel-Tracy.

Bernard Stevens craint les conséquences d'un tel geste et demandera que cette phrase soit retirée ou modifiée lors de la prochaine séance du conseil. « Je n'irai pas contre la loi si elle est adoptée », dit-il.

Pour lui, il était important d'adopter une résolution pour préciser la pensée du conseil vis-à-vis ce projet de loi et pour sécuriser le syndicat.

La convention collective se termine à la fin de 2016 et les démarches pour les nouvelles négociations ont déjà commencé. Il ne veut pas que les parties s'assoient à la même table avec « une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes ».

Écoutez l'entrevue de Bernard Stevens lors de l'entrevue de Bon pied, bonne heure avec Isabelle Lévesque

Une attaque au droit de négocier

Le président du conseil central de la CSN Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Jacques Mimeault, est satisfait de l'opposition de Grande-Rivière. Le projet de loi 110 est pour lui aussi une attaque au droit de négocier.

Concernant le maire, il demeure compréhensif. « Je comprends que le maire soit prudent » et qu'il « faut un courage politique pour se lever » et de manifester ses appréhensions précises. M. Mimeault juge que les petites municipalités sont peu nombreuses à s'afficher contre le projet de loi 110.

Le président de la CSN invite les maires des autres municipalités à emboîter le pas, comme l'ont déjà fait Mont-Joli et Amqui selon lui.

Plus d'articles