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Le motoneigiste enseveli dans la Mitis a bel et bien été victime d’une avalanche

Avalanche Québec confirme que le motoneigiste qui est mort lors de la tempête du 5 janvier dernier, à Sainte-Angèle-de-Mérici dans la Mitis, a bel et bien été enseveli par une avalanche. Cette tempête a d'ailleurs laissé plus de 60 centimètres de neige dans la région de Mont-Joli.

Un texte de Brigitte Dubé, avec les informations de Michel-Félix Tremblay

Il s'agirait du premier cas documenté, du moins dans la région, où un motoneigiste est mort en raison d'une avalanche.

Julie Leblanc est prévisionniste et responsable des services professionnels pour Avalanche Québec. Son organisation a mené une enquête sur le terrain. Selon ses conclusions, celle-ci a été provoquée par le motoneigiste qui précédait la victime, alors que des dizaines de centimètres de neige venaient tout juste de tomber.

Julie Leblanc mentionne que la pente en question présentait un dénivelé de 20 mètres. « C’était une pente assez raide, très courte et surchargée avec la neige tombée et le vent », précise-t-elle.

La prévisionniste recommande aux motoneigistes de se méfier. « De courtes pentes pourraient surprendre, prévient-elle. Il faut s’espacer les uns les autres pour qu’une personne soit prête à intervenir en cas d’accident. »

Avalanche Québec entend donc sensibiliser davantage les amateurs de motoneige à l'importance du respect de certaines règles de sécurité lorsqu'ils quittent les sentiers balisés.

Julie Leblanc ajoute que les motoneigistes devraient aussi éviter de sortir lors des grosses tempêtes comme celle du 5 janvier dernier.

Des professionnels réunis dans le Parc de la Gaspésie

La prévisionniste Julie Leblanc a fait ces commentaires à l'occasion d'une fin de semaine de formation donnée par Avalanche Québec dans le Parc de la Gaspésie. Une trentaine de professionnels du monde du ski hors-piste y ont participé .

La plupart d'entre eux étaient des guides en montagne, des professionnels de l’industrie, des prévisionnistes d’Avalanche Québec. Ils ont pu, entre autres, parfaire leurs connaissances en météorologie avec un spécialiste d'Environnement Canada.

D'autres ateliers portaient sur la recherche des corps ensevelis et sur l'identification des couches de neige en montagne.

Simon Dubois de Murdochville, guide chez Vertigo, indique que ces spécialistes se regroupent une fois par année pour revoir les techniques apprises et en apprendre de nouvelles. C’est aussi l’occasion de se familiariser avec les nouveaux équipements.

Selon Julie Leblanc, la formation a mis l’accent sur l’aspect humain. « On s’est intéressés aux décisions qui sont prises en montagne et à leurs conséquences, rapporte-t-elle; comment ces décisions peuvent affecter notre expérience, qu’on soit en raquette, en ski ou en motoneige. »

Elle recommande d’éviter les terrains où la pente est raide, carrément de ne pas sortir dans la tempête.

Il est aussi important de savoir comment communiquer dans le groupe et bien informer les autres de ce qu’on fait.

Simon Dubois déplore quant à lui ce qu’il appelle la désinformation que véhiculent les images spectaculaires que l’on voit sur les réseaux sociaux. Selon lui, elles encouragent les skieurs à prendre des risques.

« Le ski hors-piste est en expansion en Gaspésie et on ne doit pas viser à faire juste du gros ski spectaculaire, mais à retourner à la source pour vivre une expérience de montagne et non focusée juste sur la descente et sur le nombre de likes sur les réseaux sociaux », considère-t-il.

Il conseille aux skieurs de suivre des formations en avalanche, en sauvetage et en météo.

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