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Le père d'un militaire qui s'est suicidé sonne l'alarme

Raymond Demers, le père d'un militaire qui s'est suicidé en juin dernier, déplore que les intervenants du milieu aient laissé son fils arrêter les consultations avec des psychologues et psychiatres sans insister. Le nombre de militaires qui s'enlèvent la vie est par ailleurs alarmant depuis quelques années, selon ce dernier.

Après deux missions en Afghanistan, l'état psychologique de Sébastien Demers s'est détérioré en 2008. Il a mis fin à ses jours dans la nuit du 22 au 23 juin dernier, et son père veut éviter qu'une situation similaire se reproduise.

« Ils envoient les jeunes à la guerre qui ne sont pas préparés à ça, mais pas du tout », dit M. Demers. « Mais c'est vrai que dans le fond, il faut que tu te dises que personne n'est préparé à voir des confrères se faire tuer. »

Même si le jeune militaire a obtenu de l'aide, ce n'était pas assez.

Une culture du silence force les militaires à se taire, croit Raymond Demers.

« Il faut donner crédit à l'armée, quand un militaire vient les voir pour avoir de l'aide, il a l'aide », affirme-t-il.

« Dans son for intérieur, il savait qu'il n'était pas guéri, mais il a joué la comédie et il a dit aux intervenants ce qu'ils voulaient entendre », déplore l'homme de Témiscouata-sur-le-Lac.

Raymond Demers souhaite que l'armée oblige les militaires à continuer les consultations jusqu'à leur guérison.

« Ce n'est pas tout le monde qui a la capacité d'encaisser ce qu'ils endurent en Afghanistan », s'indigne-t-il. « Depuis 2002, il y a eu plus de suicides de militaires que de morts aux combats, c'est aberrant ça. »

L'organisme de défense des droits des vétérans, le Canadian Veterans Advocacy, affirme que depuis le début de la guerre en Afghanistan, il y aurait eu plus de 177 suicides de militaire.

D'après les informations d'Élise Thivierge

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