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Le pétrole, un enjeu qui sera tout aussi capital en 2017

Le Québec pourrait bien devenir un producteur de pétrole en 2017. Qu'en est-il de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent? Résumé des enjeux passés et à venir dans l'Est du Québec.

Le reportage d'Isabelle Damphousse.

Tout juste avant la fin des travaux parlementaires, les élus de l'Assemblée nationale adoptaient sous bâillon le projet de loi 106, qui encadre l'exploitation des hydrocarbures.

Quelques semaines auparavant, Junex annonçait, sans tambour ni trompette, qu'il avait extrait, cette année, 18 000 barils de pétrole du puits Galt no 4 situé près de Gaspé : une moyenne de 80 barils par jour.

Selon l'entreprise, il s'agit de la plus importante production de pétrole jamais enregistrée à partir d'un puits dans l'histoire du Québec. De quoi réjouir le président de la pétrolière, Peter Dorrins, qui espère obtenir ce printemps son permis d'exploitation.

Quand on parle d'une production de l'ordre d'une centaine de barils par jour, ça se compare, disons, en Alberta, aux meilleurs puits qu'on voit à l'heure actuelle.

Peter Dorrins, président de Junex

Junex mène peut-être le bal, mais la compagnie Pétrolia a, elle aussi, obtenu des résultats concluants pour son projet Haldimand, à Gaspé. Mais il est encore trop tôt pour parler de production.

De plus, la municipalité de Gaspé et les environnementalistes s'opposent à l'exploitation du site, comme l'entreprise pourrait avoir recours à la fracturation hydraulique.

Quand on va faire de la fracturation, de la stimulation, quand on intègre des produits chimiques dans le sous-sol où s'abreuve la nappe phréatique de centaines de citoyens, bien disons qu’on se gratte la tête un peu et qu’on se dit " on n’a pas à prendre de chance avec ça ".

Daniel Côté, maire de Gaspé

Sur l'île d'Anticosti, le même vent d'opposition se fait sentir, alors que Pétrolia accuse le ministère de ne pas lui accorder une modification à l'un de ses certificats d'autorisation, forçant la mise en veilleuse des travaux de préparation du site de forage exploratoire.

Le fait que le gouvernement québécois tarde à délimiter le terrain de jeu des pétrolières, sur un territoire reconnu pour ses richesses naturelles, attise la résistance qui s'organise contre le développement des hydrocarbures.

Au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, des permis d'exploration pétrolière ont été octroyés à une douzaine d'entreprises sur presque la totalité du territoire, alors que le gouvernement demeure muet sur la question des aires protégées et leur protection.

L'explication que nous on a, c'est qu'il semble manquer de volonté politique pour passer à l'action.

Patrick Morin, agent de développement au Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent

La compagnie Petrolympic l'a appris à ses dépens. La pétrolière souhaitait forer dans la ZEC du Bas-Saint-Laurent. Chasseurs, pêcheurs et environnementalistes se sont rapidement concertés pour bloquer le projet. La résistance s'est organisée, et depuis, silence radio chez Petrolympic.

L'année 2017 risque encore d'être riche en ce qu'on peut qualifier d'actualité « pétrolière ». Le gouvernement Trudeau n'a pas encore fait valoir ses intentions quant au projet Énergie Est, qui reliera par pipeline l'Alberta au Nouveau-Brunswick.

Ce projet risque d'accroître le transport pétrolier sur le fleuve Saint-Laurent, soulevant déjà des craintes auprès des municipalités riveraines, qui se disent incapables d'intervenir en cas de déversement.

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