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Le point de vue de Matanais d'origine française, à la suite des attentats de Paris

Marie-Laure Leymonie, Emmanuel Derieux et Denis Secret sont trois Français qui ont choisi de vivre en Matanie. Ils ont donc vécu les attentats de Paris de loin, mais n'en ont pas moins été affectés. Ébranlé lui aussi, le Matanais d'origine Pierre Tremblay, qui vit à Paris, a pu constater la solidarité de ses concitoyens.

Un texte de Brigitte Dubé

Pierre Tremblay est journaliste à la chaîne Canal Plus. Vendredi, il était invité à une soirée tout près du Bataclan. « Tout juste avant de partir, j'ai appris ce qui se passait  alors je suis resté cloîtré chez moi, raconte-t-il. Finalement, mes amis ont passé la soirée à accueillir des jeunes qui s'étaient enfuis du Bataclan, dont certains étaient blessés. »

Pierre Tremblay dit avoir senti une grande solidarité dans la ville : des gens qui ont ouvert leur porte à des jeunes en panique, des hôpitaux débordés samedi parce que beaucoup de gens voulaient donner du sang.

Pour sa part, Denis Secret s'est senti isolé.

Marie-Laure Leymonie se dit très troublée par les événements, d'autant plus qu'elle a déjà vécu dans ce quartier. Elle est horrifiée par le fait qu'on ait voulu s'attaquer à ce quartier symbolique et par l'âge des terroristes. Elle dit ne plus reconnaître la France qu'elle a quittée il y a 20 ans. Par contre, elle se questionne sur les politiques françaises d'accueil des nouveaux arrivants.

Emmanuel Deyrieux abonde dans le même sens. « Il y a des zones où on n'est plus en France, constate-t-il. Il n'y a que la police qui peut y aller et seulement en extrême urgence. »

Denis Secret mentionne qu'il perçoit la France différemment, mais y voit du positif. « Quand je suis parti, se souvient-il, je trouvais que les gens étaient très individualistes. Aujourd'hui, paradoxalement, ils paraissent plus unis. »

Pour Emmanuel Deyrieux, « la France se ressoude, mais c'est un peu tard ».

On a visé la jeunesse

Selon lui, le terrorisme a changé. « Il est différent du terrorisme basque, plus politique, très peu meurtrier. Maintenant on vise le bain de sang », observe-t-il.

Pierre Tremblay, lui, se désole du fait qu'on ait voulu toucher des jeunes de différents milieux. « C'est différent des attentats visant la revue Charlie Hebdo perpétrés en janvier. Tous les Parisiens peuvent être touchés, juste parce qu'ils ont un mode de vie différent des islamistes radicaux. »

Pour Denis Secret, la question n'est pas de savoir s'il y aura d'autres attentats, mais quand, comment et où. « On se demande qui est l'ennemi. »

S'appropriant les interrogations de l'ancienne députée Fatima Houda-Pepin, Mme Leymonie estime qu'il y a des questions à se poser sur la vente d'armes du Canada à l'Arabie saoudite. « Les terroristes viennent nous tuer avec des armes qu'on fabrique », critique-t-elle.

Par ailleurs, les Matanais d'adoption se sont dits touchés par les nombreux messages de solidarité reçus de la part de leurs amis québécois. « Les messages nous réchauffent le coeur. On en a besoin », confie-t-il.

Il y a une importante communauté d'étudiants français à Matane.

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