La Fabrique Cœur-Immaculé-de-Marie mettra en vente le presbytère de l'ancienne paroisse Saint-Jérôme de Matane. Le sort de l'église de Saint-Jérôme sera quant à lui revu à l'automne.

Un texte de Joane Bérubé

La Fabrique Cœur-Immaculé-de-Marie mettra en vente le presbytère de l’ancienne paroisse Saint-Jérôme de Matane.

La décision a été annoncée mardi soir à la soixantaine de paroissiens qui assistaient à la réunion de la jeune fabrique qui regroupe quatre anciennes paroisses de Matane.

La Fabrique doit composer avec un budget déficitaire alors que ses revenus sont en baisse et que ses deux églises, Saint-Rédempteur et Saint-Jérôme, ont besoin d’importantes rénovations dans les prochains mois et même les prochaines années.

L’évaluation foncière du bâtiment, situé au cœur du centre-ville de Matane, est d’un peu moins de 162 000 $, ce qui exclut le terrain. Les garages attenants ne seront pas mis en vente.

La Fabrique ne cèdera pas le bâtiment au comité patrimoine Matane qui espérait une donation pour la somme symbolique de 1 $.

Le président du conseil de fabrique, Michel Barriault, explique que son organisme a un réel besoin des revenus que rapportera cette vente.

Les revenus de la capitation, qui diminue d’année en année, sont passés de 112 000 $ en 2010 à 64 000 $ en 2016. Les quêtes rapportent moins qu’avant et l’organisation doit tenir diverses activités, brunch, soupers, bingo, pour joindre les deux bouts.

Les dépenses sont par ailleurs bien réelles. Avec un bâtiment de moins, la vente permettra aussi à la Fabrique d’économiser des coûts de chauffage et d’entretien.

Église Saint-Jérôme : une évaluation pour l'automne

Une plainte déposée à l’automne par un citoyen à la Ville de Matane a mené à une visite du sous-sol de l’église Saint-Jérôme par un inspecteur en bâtiment.

Les travaux pour la mise aux normes coûteront 50 000 $ et la Fabrique perdra dans ce réaménagement des locaux qui étaient notamment disponibles pour des associations puisqu’il lui faudra aménager une nouvelle sortie de secours. Ces travaux ont été autorisés par le diocèse, mais le reste, notamment la peinture de la toiture, devra attendre.

Avant d’autoriser tout chantier supplémentaire, le diocèse demande maintenant à la Fabrique de réactualiser le bilan des travaux à effectuer réalisé en 2009. À l’époque, l’étude avait évalué les travaux de remise en état de l’église Saint-Jérôme à 2,6 millions de dollars, dont 900 000 $ pour la réfection des clochers et des tourelles. Ces travaux qui ont été réalisés ont coûté finalement 1,7 million, mais le reste n’a jamais été effectué.

Le président de la Fabrique, Michel Barriault, explique qu’avec une nouvelle estimation globale des travaux, le conseil sera en mesure de déposer une demande de subvention puisque l’église, classée bâtiment patrimonial, est admissible.

« Est-ce qu’elle sera acceptée, s’interroge Michel Barriault, on ne le sait pas. À quelle hauteur? On ne le sait pas. Est-ce que cela nécessitera une campagne de financement publique? Est-ce que l’on sera capable d’aller chercher l’argent pour répondre à nos obligations financières? C’est à tout cela que nous sommes confrontés. »

Les architectes devraient remettre leur rapport avec estimés et échéanciers à l’automne. Des décisions importantes devront être prises au cours des prochains mois, ajoute M. Barriault.En attendant, une campagne de financement sera lancée pour amasser les fonds nécessaires à la rénovation du sous-sol de l’église.

Des travaux devront aussi être entrepris à l’église Saint-Rédempteur pour réparer le clocher et la toiture. La Fabrique procèdera aussi au remplacement des portes. Tous ces travaux sont évalués à environ 100 000 $. À plus ou moins court terme, les fenêtres de l’église, construite en 1976, devront aussi être remplacées.

Nouvelle paroisse

La nouvelle de la vente du presbytère n’a pas créé de remous dans la salle. Une paroissienne a même félicité le conseil de Fabrique pour son courage devant les décisions difficiles qu’il devait prendre.

Le regroupement des quatre paroisses du secteur de Matane est toutefois fragile. « La sauce n'a pas encore prise », comme l'a lancé un paroission dans la salle. La jeune fabrique créée au début de l’été 2016 en est à sa quatrième rencontre publique en un peu plus de six mois d’existence.

Une lettre a aussi circulé au cours des derniers jours questionnant la gestion des fonds ainsi que la volonté de la Fabrique de conserver l'église Saint-Jérôme.

Les propos sur l’unité et la volonté de regrouper tous les secteurs ont donc été nombreux au cours de la soirée. Certains citoyens ont été rassurés par l’ouverture et la transparence démontrées par les membres du conseil. D’autres sont repartis plutôt troublés par ce que l’avenir pourrait réserver aux bâtiments religieux de leur ancienne paroisse.

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