L'effondrement en début de semaine d'un monument de roche en Nouvelle-Écosse relance la question : quand notre rocher Percé perdra-t-il son trou? Véritable cathédrale de roches sédimentaires, l'emblème gaspésien subit, lui aussi, les assauts de l'érosion maintenant plus intenses avec les changements climatiques.

Un texte de Pierre Cotton

Dans la nuit de lundi à mardi, le trou du rocher Long Island, dans le parc provincial Five Islands, en Nouvelle-Écosse, a disparu. Le rocher s'est effondré. Il est considéré comme un attrait touristique important dans la baie de Fundy. 

Cela se produira aussi pour le fameux rocher Percé en Gaspésie, mais ce n'est pas pour demain. Sa masse totale est évaluée à 5 millions de tonnes et il en perd 300 tonnes chaque année. Le principal facteur est lié à l'érosion ainsi qu'au gel et au dégel. L'eau s'infiltre dans la roche calcaire, gèle et prend de l'expansion, environ 10 %, ce qui fait éclater la roche.

« En moyenne, chaque jour, le rocher Percé perd environ une tonne de roche, ce qui équivaut à la boîte d'une camionnette. À ce rythme-là, il faudra 400 à 500 ans avant que le trou s'effondre. [...] Mais il faudrait vraiment avoir une boule de cristal », explique Rémi Plourde, directeur du parc de l'Île-Bonaventure-et-du-rocher-Percé

L'effritement du rocher peut aussi se faire de façon soudaine et rapide, mais cela se produit surtout lors des changements de saisons. Et le réchauffement climatique accélère ce processus.

En évolution

Le rocher Percé est en constante évolution. Les premiers explorateurs en Amérique l'ont constaté, souligne Rémi Plourde.

« En 1534, quand Cartier est passé, il ne fait même pas mention d'un trou dans le rocher Percé [...] Faut attendre Champlain, en 1608, qui écrit qu'il y a un trou dans le Rocher. En 1686, l'intendant Desmeules vient régler une chicane à Percé entre les morutiers français et les seigneurs et là, il y a deux belles arches [...] Et pouf, un bon matin, le 17 juin 1845, la deuxième arche s'est effondrée », explique-t-il.

Il est donc dangereux de se frotter au rocher Percé. En 2003, un touriste ontarien avait reçu une pierre sur la tête lors d'une randonnée. Il avait poursuivi la SEPAQ et obtenu gain de cause en 2009. La cour avait ordonné un dédommagement de 400 000 $. L'accès au Rocher est interdit depuis 2007.

Selon Rémi Plourde, la façon la plus sécuritaire est de l'observer lors d'une excursion en bateau. Il encourage d'ailleurs les touristes à prendre des photos de cet emblème gaspésien sous tous ses angles.

M. Plourde estime que le Rocher entier ne devrait pas disparaître avant 15 000 ans, alors que le trou s'effondrera dans quelques centaines d'années.

D'après une entrevue d'Yves Larouche à l'émission Bon pied, bonne heure

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