La Municpalité des Méchins doit dire non à des résidents potentiels puisqu'elle n'a plus le droit d'aménager de nouveaux terrains. Son système de traitement des eaux usées, installé il y a 17 ans, est déjà désuet.

Un texte de Joane BérubéLa Municipalité croyait pourtant que le traitement des eaux usées était un problème réglé depuis le début des années 2000.

À l’époque, le village des Méchins avait investi dans l’installation d’un dégrilleur sur les recommandations du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux Changements climatiques (MDDELCC).

Dix-sept ans plus tard, ce système, pour lequel la municipalité paie toujours, l’empêche de prendre de l’expansion.

Le maire des Méchins, Alain Dugas, assure que sa municipalité est soucieuse de se conformer aux règles environnementales.

La Ville est d’ailleurs en démarche pour se doter d’un nouveau système d’ici 2020, qui sera financé à 95 % par le gouvernement du Québec.

Toutefois, avec le récent agrandissement du chantier naval du Groupe maritime Verreault Navigation et le projet de la phase 2, la municipalité a besoin d’espaces pour permettre aux nouveaux résidents de s’installer.

Démarches auprès du ministère

La Municpalité a écrit au ministère pour lui faire part de son problème.

Une rencontre a eu lieu le 3 mai 2017 entre la Municipalité et la direction régionale du MDDELCC. La municipalité souhaitait discuter de son projet de développement domiciliaire.

Le MDDELCC a alors informé la municipalité qu’il ne sera pas possible d’autoriser un prolongement du réseau d’égout de la municipalité puisqu’aucun système de traitement des eaux usées n’est en place.

La municipalité se doit de procéder à l’installation d’un tel système afin d’assurer un traitement adéquat des eaux usées pour, éventuellement, développer de nouveaux projets domiciliaires.

Dans le village, mais pas ailleurs

Paradoxalement, souligne le maire, Alain Dugas, le ministère permet l’ajout de nouvelles constructions à l’intérieur des limites du village, mais refuse le prolongement du réseau pour l’aménagement d’un nouveau secteur résidentiel.

« Qu’il y ait 10 nouvelles maisons qui se construisent sur le réseau actuel ou 10 maisons qui se construisent dans le nouveau développement, il va y avoir le même nombre d’eaux usées qui va sortir à l’autre bout et elles ne seront pas plus traitées », explique le maire.

La phase 1 de l’agrandissement du chantier naval du Groupe maritime Verreault Navigation en 2015-2016 a entraîné l’embauche d’une cinquantaine de travailleurs supplémentaires. Le chantier qui entend investir encore 30 millions de dollars pour réaliser la phase 2 aura besoin alors de 150 travailleurs de plus.

Les travaux devraient être lancés d’ici la fin de l’année. À terme, le chantier aura presque doublé son nombre d'employés pour passer de 220 à plus de 400.

Un nouveau secteur

C’est d’ailleurs en prévision des travaux d’agrandissement de la cale sèche que la Municipalité des Méchins avait investi 100 000 $ afin d’acquérir de nouveaux terrains.

Les plans de la Municipalité étaient de développer trois rues, avec un parc pour les familles, et une soixantaine d’emplacements potentiels, au sud de la route 132.

Deux maisons ont alors été construites dans le nouveau secteur en 2014, lorsque le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte aux changements climatiques a mis le holà sur le projet. « Le ministère a bloqué notre élan par l’interdiction d’allonger le réseau des eaux usées », souligne Alain Dugas.

Le Municipalité a dû rembourser quatre autres acheteurs. Depuis l’entrée en vigueur du Règlement sur les ouvrages municipaux d’assainissement des eaux usées en janvier 2014, le dégrilleur n’est plus considéré comme un traitement des eaux usées.

Ces nouveaux lotissements avec services d’égout et d’aqueduc étaient destinés aux travailleurs du chantier, mais aussi aux familles dont les conjoints travaillent, un vers l’est, à Sainte-Anne-des-Monts et l’autre vers l’ouest, à Matane, puisque Les Méchins est situé entre ces deux pôles.

Alain Dugas estime que les terrains du nouveau développement répondent à des besoins différents de ceux qui veulent s’installer au village.

« Les gens sont moins enclins à se construire entre deux maisons déjà existantes. Souvent ces maisons sont assez vieilles et les nouveaux propriétaires craignent que leur nouvelle maison ne soit pas évaluée à sa juste valeur » Les jeunes familles, observe le maire, veulent aussi des aménagements avec un parc, une proximité avec la nature.

Selon le ministère de l’Environnement, quatre municipalités en Gaspésie, soit Caplan, Chandler (secteur Newport), Gaspé (secteur Rivière-au-Renard) et Grande-Vallée sont équipées d’un dégrilleur.

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