Comme toutes les villes du Québec, Matane devra récupérer ses matières organiques d'ici 2020. La municipalité songe à les transformer par le biais de la biométhanisation.

En partenariat avec la MRC de la Matanie, la Ville lancera sous peu un appel d'offre pour étudier la faisabilité d'un projet en collaboration avec l'usine de pâtes et papiers Tembec.

L'usine transforme déjà sa propre matière organique à même ses installations grâce à la biométhanisation. Il s'agirait donc pour la Matanie d'acheminer ses matières putrescibles vers l'usine Tembec.

Le maire de Matane, Jérôme Landry, affirme que cette option devra être intéressante pour la ville, mais aussi pour la compagnie.

Avec l'étude, on va vérifier : est-ce qu'on a un gain au niveau environnemental avec cette approche-là? Au niveau aussi économique : est-ce que c'est intéressant pour les citoyens de Matane?

Jérôme Landry, maire de Matane

La Ville a essuyé plusieurs échecs dans ce dossier dans les dernières années. L'idée de la biothémanisation remonte d'ailleurs à 2015, mais l'étude de faisabilité y amène un caractère plus concret. Les résultats devraient être compilés pour le mois d'août.

Trop longs délais

Même si le projet de récupération semble progresser, certains citoyens estiment que c'est trop long.

Pour le groupe Uni-Vert, la mise en place de mesures temporaires serait pertinente. Le coordonnateur du comité, Guy Ahier, affirme que la Matanie pourrait envoyer ses matières organiques à l'usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup, comme le font les MRC de la Matapédia et de la Mitis.

Ça permettrait aussi à commencer à habituer la population à utiliser un bac brun!

Guy Ahier, comité Uni-Vert

En attendant, environ 5000 tonnes de matières organiques sont enfouies au lieu d'enfouissement technique de Matane.

Des projets citoyens à la rescousse

Alors que les villes tardent à prendre le virage, certains regroupements citoyens prennent quant à eux les devants.

En Haute-Gaspésie, la Coop du Cap a développé un réseau de compostage à domicile. Les participants qui n'ont pas de jardin peuvent être mis en contact avec un voisin chez qui il est possible d'amener du compost.

À Matane, les Jardins de Doris sont un modèle de gestion du compost. L'organisme mène plusieurs programmes éducatifs et sociaux de front et l'un d'entre eux est axé sur le vermicompost.

Le vermicompost leur permet de produire 125 litres de compost par semaine. L'horticuleur en charge du projet explique qu'ils détournent ainsi d'énormes quantités de matières destinées aux poubelles.

Principalement, à l'heure actuelle, ça vient de la cuisine collective, qui eux récupèrent déjà des épiceries. On récupère tout ça puis on fait une troisième, sinon une quatrième transformation en faisant du vermicompost.

Louis Richard, horticulteur

Les Jardins de Doris espèrent même en arriver à une commercialisation de leur compost.

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