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Les agriculteurs du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie à la manifestation en Beauce

Une délégation d'agriculteurs gaspésiens et bas-laurentiens ont participé vendredi à la manifestation devant les bureaux de Maxime Bernier, en marge des discussions sur le Partenariat transpacifique.

Ils se sont joints à des centaines d'autres collègues, qui ont convergé vers Sainte-Marie-de-Beauce, pour sommer le gouvernement fédéral de maintenir le système de gestion de l'offre dans son intégralité.

Les agriculteurs ont marché jusqu'au bureau du ministre d'État de la petite Entreprise, du Tourisme et de l'Agriculture, Maxime Bernier, pour que le gouvernement respecte sa promesse de maintenir le système. Une nouvelle ronde de négociation, qui rassemble 12 pays dont l'Australie, les États-Unis, le Japon et le Mexique, s'est amorcée vendredi.

Le président des producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent, Gabriel Belzile, espère que le gouvernement conservateur tiendra parole et maintiendra le système. « On voit ce qui se passe présentement en Europe avec des fermes en faillite ou sur le bord de la faillite », commente M. Belzile.

Préservation des communautés rurales

Pour lui, la préservation du système de gestion de l'offre dépasse largement le seul secteur de l'agriculture. « La gestion de l'offre, fait-il valoir, c'est une occupation du territoire. Ce sont les producteurs de lait à la grandeur du Québec, à la grandeur du Canada qui maintiennent une communauté en vie, une communauté rurale à la grandeur du Canada. C'est pour ça qu'on veut maintenir ça. »

Le porte-parole de l'UPA Gaspésie, Marc Tétreault, va plus loin: « L'enjeu est majeur pour assurer la présence des productions laitières dans les régions périphériques. La crainte, c'est que malgré tous les beaux discours, la production laitière dans des régions comme la Gaspésie ce sera plus difficile, sinon impossible. »

Marc Tétreault rappelle que le système basé sur l'équilibre entre l'offre et un prix négocié pour tous les producteurs est basé sur le coût de production pour l'ensemble des fermes du pays.

Agriculteurs nerveux

Le porte-parole de l'UPA Gaspésie ne croit pas que l'ouverture des marchés soit une bonne chose. « Les autres pays, qui ne produisent pas le lait selon les mêmes normes qu'ici, sont moins exigeants. On pense qu'il y a une certaine concurrence déloyale », souligne-t-il.

Selon lui, malgré la promesse d'un libre marché, ce type d'entente n'arrive pas à éliminer toute l'aide à l'agriculture ce qui favorise l'importation au détriment de la production locale. « Les subventions sont là, soutient M. Tétreault, et elles coûtent beaucoup plus cher. Les pays concurrents bénéficient de subventions beaucoup plus élevées que ce qu'on peut avoir. »

Le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis, se demande pourquoi changer ce qui va bien. « Si la gestion de l'offre tombe demain matin, les fermes laitières ne seront pas capables de tenir le coup, on n'est pas des productions avec 4000 ou 5000 vaches, indique M. Marquis. Présentement nos producteurs sont nerveux, nos financiers aussi. »

Partie de Mont-Joli ce matin, la délégation de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent compte près de 90 personnes.

La promesse d'Ottawa 

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel se montre rassurant pour la survie du système canadien.

 

Le ministre n'a toutefois pas voulu confirmer s'il sera à son bureau de Roberval lundi pour accueillir la seconde manifestation prévue par les producteurs laitiers

Après la nouvelle ronde de négociations qui se termina lundi, les ministres du Commerce des pays concernés se réuniront à Hawaï du 28 au 31 juillet pour tenter de finaliser l'entente.

Les secteurs laitiers et avicoles au Québec rapportent chaque année près de 8,2 milliards de dollars au PIB, génèrent 92 000 emplois et permettent le versement de 1,38 milliard en taxes et impôts. Il s'agit donc d'une contribution majeure à l'économie de nos régions.

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