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Les arbres de l'ouest séduisent les gens de l'est

S'exiler dans l'Ouest canadien au printemps pour y travailler trois mois, y vivre dans le bois, mais surtout, pour y planter des arbres... beaucoup d'arbres. C'est ce que font plusieurs personnes de l'Est du Québec et de l'Acadie chaque année. Petite incursion dans un camp de plantation d'arbres de la Colombie-Britannique.

Un texte de Michaëlle Ouellet

Les planteurs de la compagnie Blue Collar Sylviculture Ltd. planteront plus de 21 millions d'arbres en 2017, une année record pour la compagnie. Les débutants plantent entre 1500 et 2000 arbres en moyenne par jour, alors que les plus expérimentés peuvent en planter plus de 5000 par jour.

Si la plupart des planteurs quittent l'est du pays une première fois à la recherche d'aventures, la majorité d'entre eux tombent en amour avec la forêt et les gens, puis reviennent l'année suivante.

Du confort de la ville au confort de la nature

Le Rimouskois Vincent Bujold en est à sa troisième saison comme planteur. Il y a trois ans, Vincent a quitté son emploi stable à Québec, son condo au centre-ville et surtout, sa vie de consommateur. Il vit depuis dans sa voiture, tantôt au Canada, tantôt aux États-Unis.

Pour le Bas-laurentien, planter des arbres est rentable, surtout parce que la saison est courte. Les trois mois de plantation lui suffisent à vivre pendant presque tout le reste de l’année.

« C’est devenu mon emploi principal, ça me permet de vivre confortablement toute l’année, mais j’ai des standards moins élevés que la majorité de la population ».

Avoir sa famille sur un camp

Simon Carrière, Emmanuelle Deblois et Zia Carrière ne mènent pas une vie de famille traditionnelle. Ils vivent tout l’été dans leur roulotte, sur le camp. Simon, diplômé en tourisme d'aventures à Gaspé, est chef d’une équipe de 12 planteurs; Emmanuelle, ancienne infirmière de Matane, fait partie de son équipe.

Marisol Jourdenais est engagée par la famille Carrière pour s'occuper de la petite Zia. Elle et sa fille, Naïma, passent l'été au camp.

Pour Emmanuelle Deblois, élever sa fille sur un camp de plantation n’est qu’une partie de plaisir : « Élever son enfant sur un camp c’est génial. On a plein d’oncles et de tantes », lance la maman à la blague.

Cuisiner pendant trois mois sans jour de congé

Nourrir la bouche de 65 planteurs affamés, c’est tout un défi. C’est ce que l’Acadienne Karine Nguyen fait depuis 5 ans.

Le travail des cuisiniers suscite l'admiration. Ils commencent leur journée au milieu de la nuit, vers 3 h 30, et se couchent souvent en dernier.

Pendant la journée de congé des planteurs, les cuisiniers doivent refaire le plein de nourriture à l'épicerie, à des centaines de kilomètres du camp de plantation.

Karine a fait ce choix de vie après avoir travaillé un été dans un restaurant à Montréal. « C’est le planting qui me donne une vie, si j’étais restée à Montréal ou à Moncton tout l’été, je m’ennuierais. Le planting, c’est trois mois, ça me déstabilise, mais j’aime ça. »

Selon la cuisinière, les Canadiens francophones reviennent chaque année pour le mode de vie.

Maxime Sasseville, natif de Sainte-Anne-des-Monts, est un ancien étudiant à l’Université du Québec à Rimouski. Il a décidé au printemps dernier de s’éclipser en Colombie-Britannique en quête d’une nouvelle expérience de vie. Il tenait à sortir du Québec, puisqu’il n’avait jamais voyagé auparavant : « Le travail physique me manquait, et j’étais tanné de l’école, ça ne menait à rien. […] C’est la meilleure décision de ma vie. »

Frédéric Comeau est un Acadien de Tracadie-Sheila. Comme Maxime, Frédéric fait partie des planteurs débutants.

La Rimouskoise Anne-Élizabeth Côté en est à sa troisième saison de plantation. Elle a cependant un début de saison au ralenti à cause d’une blessure au pied.

Antoine Moses, de Carleton-sur-Mer, plante pour une deuxième année, mais sa première à l’extérieur du Québec. À l’été 2016, il avait un emploi en plantation d’arbres en Gaspésie.

Il est difficile de dire le nombre exact de Canadiens francophones qui se lancent chaque été dans l'aventure. Les compagnies qui les emploient se comptent par dizaines.

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