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Les Carrefours d’information pour aînés de l’Est du Québec crient à l’aide

Faisant face à la fermeture par manque de financement, les Carrefours d'information pour aînés de l'Est du Québec interpellent les députés et ministres responsables du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ainsi que la ministre responsable des aînés, Francine Charbonneau.

Un texte de Brigitte Dubé

Les Carrefours d’information aux aînés aident les personnes âgées à remplir leurs formulaires et les accompagnent dans diverses démarches de correspondance avec les services gouvernementaux et juridiques.

À compter du 31 mars, le Secrétariat aux aînés se retirera du financement des Carrefours. L'argent serait plutôt investi dans la lutte à la maltraitance. Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, s'est engagé à défendre le dossier.

Le représentant des Carrefours de l’Est du Québec, Réjean Sirois, qualifie ce service d’essentiel pour une partie de la population âgée.

« Le niveau de vieillissement est plus élevé qu’ailleurs au Québec, donc de plus en plus d’aînés auront besoin de nos services », prévoit-il.

Allez demander à une personne qui a 10 % de sa vision de remplir un formulaire, c’est pas possible. Allez demander à une personne qui est devenue sourde avec le temps de parler à une boîte vocale, c’est impossible.

Réjean Sirois représentant des Carrefours d’information pour aînés de l’Est du Québec

Il y a près d’une vingtaine de Carrefours de l’information aux aînés (CIA) dans l’Est du Québec. Chacun nécessite un financement de 25 000 dollars par année visant à embaucher un coordonnateur. Celui-ci est aidé de bénévoles.

Pour sa part, la Matanaise Muriel Langlois, qui siège à la Table de concertation des aînés du Bas-Saint-Laurent, trouve inconcevable que les CIA doivent fermer leurs portes. Elle craint que cette décision se répercute sur la santé physique et mentale des aînés les plus vulnérables.

Plus les aînés vont être aidés, plus ils auront des connaissances, plus on va être forts. Si on s’occupe d’eux, ça enlève un fardeau au gouvernement. Moins de médicaments, moins de dépressions, etc.

Muriel Langlois, membre de la Table de concertation des aînés du Bas-Saint-Laurent

Un projet-pilote qui a fait sa marque

Les CIA dans l’Est sont nés d’un projet pilote au Relais Santé de Matane.

« Ça a tellement bien fonctionné que la ministre responsable de l’époque, Marguerite Blais, avait décidé de les inclure dans le plan d’action 2012-2017 du Secrétariat aux aînés, rappelle Réjean Sirois. Malheureusement, il ne figure pas dans le plan 2017-2022. L'argent serait plutôt investi dans la lutte à la maltraitance. »

M. Sirois explique aussi que les CIA avaient tissé un réseau de bénévoles avec le temps et que le Ministère présumait que ceux-ci deviendraient autonomes avec le temps.

Mais selon lui, un coordonnateur est essentiel pour analyser les demandes et les orienter vers les bénévoles. Il s’occupe aussi des cas plus compliqués, quand l’information devient très pointue.

Les Conférences régionales des élus agissaient à titre d’intermédiaire, mais à la suite de leur disparition, les services se sont effrités. La moitié des CIA ont carrément disparu alors que d’autres ont dû diminuer considérablement leurs services.

Les Centres d’action bénévole, qui ont pris le relais, ont tenté sans succès de trouver du financement ailleurs.

« En 2015-2016, en Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine, les CIA ont traité 1500 dossiers, précise Réjean Sirois. Au Bas-Saint-Laurent, en Matanie seulement, on a traité 507 demandes dont 217 ont nécessité une intervention directe, ce qui veut dire aller chercher des informations dans les ministères. »

La ministre Charbonneau n'a pu être jointe vendredi.

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