Selon le Réseau des services à la petite-enfance de l'Est du Québec (RESPEQ), les centres de la petite enfance perdront 12 % de leur financement cette année en raison du nouveau mode de calcul des subventions instauré par Québec en 2015.

Un texte de Joane BérubéChaque année, depuis 2013, le réseau perd des plumes. Cette année, les compressions sont à nouveau à l'ordre du jour.

Le RESPEQ cite en exemple le CPE La Belle Journée de Chandler, dont la subvention sera réduite de 127 000 $ cette année avec le nouveau mode de calcul. Le CPE a en outre perdu 20 % de son budget de fonctionnement, soit plus de 250 000 $, entre 2013 et 2016.

Pour l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), il est temps que le gouvernement, qui peut compter sur des surplus budgétaires de 2,4 milliards de dollars, réinvestisse dans le réseau.

Il faut que les CPE puissent se sortir la tête de l’eau pour éviter qu’il y ait trop de dommages collatéraux pour nos 0-5 ans.

Hélène Blanchet, directrice du Réseau des services à la petite-enfance de l’Est du Québec

Directrice du Réseau des services à la petite-enfance de l’Est du Québec, Hélène Blanchet indique que les CPE demandent aussi l’abolition de la modulation des tarifs de garde éducatifs subventionnés.

Impacts régionaux des compressions

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, qui joint sa voix à celle du RESPEQ, dénonce ce qui appelle « la déconstruction du réseau du CPE ».

Dans une région comme ici où on a souvent des indicateurs économiques plus faibles, d’avoir des CPE peut permettre à nos enfants d’être prêts pour l’introduction au système scolaire. C’est de l’éducation à la petite enfance, ce n’est pas juste un service de garde.

Sylvain Roy, député de Bonaventure

En Gaspésie, les compressions ont aussi des conséquences sur la formation du personnel, son recrutement et sa rétention. « On a des obligations du ministère pour les salaires, les présences, les ratios des enfants, là, on est en train de jouer sur la stabilisation du personnel, des enfants et des parents », rapporte Mme Blanchet.

Comme les CPE veulent épargner les services aux enfants, c’est le soutien administratif qui écope. « On a un CPE qui avait 75 heures sur le plan administratif, dit Mme Blanchet, et le ministère demande que ce soit 28 heures, c’est trois fois moins d’heures. C’est un temps partiel pour une direction. Il n’y a plus de secrétaire, plus de comptabilité, plus rien. C’est presque cynique pour ce qui est des demandes. »

Du public au privé?

Le gouvernement attaque de manière stratégique le réseau, soutient le député Roy. « Il faut comprendre, poursuit le député, que c’est la classe moyenne qui est attaquée et elle paie déjà des impôts pour avoir accès au service. »Le député Sylvain Roy croit aussi que le gouvernement favorise le développement de services privés au détriment de l’éducation publique à la petite enfance, notamment en offrant des conditions fiscales plus favorables aux familles.

« Et on fait croire aux parents que dans le privé ce sera comme dans le public. C’est complètement faux. Dans le privé, soutient M. Roy, on n’a pas le même encadrement normatif, on n’a pas les mêmes réglementations, on n’a pas le professionnalisme. »

Le RESPEQ poursuit sa tournée de sensibilisation dans l’Est du Québec. Une autre sortie publique est prévue à Rimouski, mercredi.

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