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Les glaces du Saint-Laurent à l’étude

Une équipe de chercheurs de l'Institut des sciences de la mer de Rimouski a mené une étude sur les glaces dans le parc national du Bic cette semaine. Il s'agit de la première fois que des scientifiques s'aventurent sur les eaux du Saint-Laurent en canot à glace pour une expérience du genre.

Un texte de Sébastien Desrosiers et Guillaume Bouillon

Depuis 2013, une caméra installée sur le pic Champlain dans le Parc national du Bic prend des images du mouvement de la banquise. La mission exploratoire, qui s'est déroulée dans la baie du Ha! Ha! de lundi à jeudi, doit expliquer les données captées par la caméra.

Dany Dumont, professeur-chercheur en océanographique physique à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, souligne que l'étude a pour but, dans une perspective globale, de comprendre ce qui se passe dans les mers englacées de l'Arctique ou de l'Antarctique.

L'équipe étudie d'abord l'effet des vagues de l'estuaire du fleuve Saint-Laurent sur les glaces qui le recouvrent. 

« Par exemple, une banquise peut se briser en plusieurs morceaux et le processus qui est responsable de ça, c'est les vagues qui sont générées au large dans l'estuaire. Elles rentrent dans la glace, se propagent et s'atténuent, mais en même temps, lorsque l'amplitude est assez élevée, fracassent les glaces », explique le professeur-chercheur.

Pour ensuite tenter de comprendre le même phénomène, mais en eaux libres ou océaniques.

« La glace qui est en contact avec l'océan libre subit l'impact de vagues qui sont parfois beaucoup plus grosses et longues que ce qu'on retrouve ici dans l'estuaire. Et cette zone marginale là [Arctique ou Antarctique] a un intérêt très important pour la navigation qui sera appelée à être plus intensive dans ces endroits-là », affirme Dany Dumont.

Les appareils utilisés permettent donc de quantifier l'atténuation de la glace sur les vagues en quelque sorte, dans un environnement unique au Québec, beaucoup plus convivial qu'en Arctique et à moindre coût.

« On espérait qu'il y ait assez de glace cet hiver pour qu'on puisse faire notre expérience. On a planifié notre semaine il y a deux ou trois semaines et on ne savait pas s'il y allait avoir de la glace ou pas, donc c'était vraiment un coup de chance pour nous cette semaine de la météo », mentionne Paul Nicot, assistant de recherche.

Pas facile de faire du canot et de transporter de l'équipement, mais c'est une belle expérience pour l'équipe composée de chercheurs de l'ISMER et d'un scientifique de l'Institut Français de Recherche et d'Exploration de la Mer (IFREMER). Et même s'il aurait aimé qu'il y ait plus de vagues cette semaine, les résultats sont concluants pour Dany Dumont.

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