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Les grandes marées d'automne : un mythe populaire

Selon un chercheur en océanographie, les grandes marées du Saint-Laurent ne sont pas propres à l'équinoxe d'automne.

Un texte de Joane Bérubé

Chercheur en océanographie physique de l'Institut des sciences de la mer, à Rimouski, Daniel Bourgault soutient que l'effet équinoxe-solstice d'automne sur les marées est trop minime dans le golfe Saint-Laurent pour être observé.

Daniel Bourgault a compilé les données des marées dans le secteur de Rimouski sur une période de 30 ans. Les résultats sont très étonnants.

En effet, les marées hautes autour de l'équinoxe d'automne sont en moyenne un peu plus faibles qu'à d'autres moments de l'année. « Ça, c'est assez particulier et c'est contre la croyance populaire », indique le chercheur. Par contre, les marées basses sont à la période de l'équinoxe en moyenne un peu plus basses qu'à d'autres périodes de l'année, mais seulement de quelques centimètres. « Ce n'est donc pas visible pour les riverains », souligne Daniel Bourgault.

Même chose pour les marées plus tard à l'automne, qui ne sont pas plus hautes que les autres marées de l'année.  

Ces marées sont en moyenne de 4,4 mètres ou plus en moyenne dans la région de Rimouski. Cette année, la marée la plus haute jusqu'à maintenant a été enregistrée le 8 mai, soit ni près d'un équinoxe ni d'un solstice. La marée était de 4,8 mètres.

Le fond de l'histoire

Ce que les riverains appellent marées d'automne ou grandes marées se conjugue souvent avec de forts vents et d'importantes précipitations. Ainsi, le 6 décembre 2010 est resté dans la mémoire de bien des riverains du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de la Côte-Nord. 

Encore là, Daniel Bourgault remet en question le sens commun. « On a analysé les données observées dans la région de Rimouski qui tiennent compte du niveau d'eau et de tous les effets combinés. Statistiquement, sur 30 ans, il n'y a pas d'effets qui se démarquent à l'automne », assure Daniel Bourgault.

En fait, l'expression « marées d'automne » n'est pas sans fondement. L'équinoxe a dans d'autres endroits du monde des effets beaucoup plus appréciables, notamment en Bretagne, en France.

Le chercheur précise que le phénomène des marées est donc différent un peu partout sur la terre, selon les caractéristiques propres à chaque endroit. « Cet effet, poursuit Daniel Bourgault, selon la géométrie particulièrement du Saint-Laurent, ne réagit pas pareil et est presque imperceptible. »

Parfois, des questions simples amènent des réponses plus compliquées, conclut le chercheur.




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