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Les homardiers des Îles devront se trouver un autre négociateur

Le négociateur de l'Office des pêcheurs des Îles, Léonard Poirier, tire sa révérence. Celui qui a contribué à l'introduction du premier plan conjoint des pêches au Québec et qui occupait le fauteuil de chef négociateur depuis 1991 estime que la division qui sévit entre les homardiers madelinots est contraire à un contexte de négociation.

L'Association des pêcheurs propriétaires des Îles-de-la-Madeleine (APPIM) ne remplacera pas M. Poirier.

L'entente de service qui liait l'Association des pêcheurs propriétaires (APPIM) et l'Office des pêcheurs de homard quant à la négociation et à la gestion du plan conjoint sur le prix du homard au débarquement est donc maintenant caduque. Ce sera, indique M. Poirier, au conseil et à l'assemblée générale de l'Office de voir à trouver une solution de rechange pour le printemps qui vient et le suivant. « On n'est pas irremplaçable », commente M. Poirier qui conservera certaines fonctions administratives au sein de l'Association.

Contexte difficile

Du premier au dernier plan conjoint, la part du prix de vente du homard versée aux pêcheurs par les acheteurs à quai est passée de 60 % à 85 %.

Léonard Poirier relève que l'Association québécoise de l'industrie des pêches (AQIP), qui regroupe les industriels a publiquement fait savoir que c'était trop. Les industriels visent 70 %, dit-il. Il sera donc difficile de faire mieux, selon M. Poirier, surtout dans un contexte de dissension. « On s'était unifié face à l'AQIP, fait-il valoir, on sait qu'entre les acheteurs, il y a beaucoup de tiraillements, mais ils restent unis. Là, en face d'eux, ils vont avoir des pêcheurs divisés. Les conditions ne m'apparaissent pas gagnantes. »

Au cours des derniers mois, certains pêcheurs ont ouvertement critiqué l'APPIM, notamment à ce qui a trait à son manque de transparence, mais surtout sur la gestion de deux dossiers, celui des identifiants à apposer sur les pinces de homard et celui sur la tenue d'un journal de bord, une obligation imposée par Pêches et Océans Canada.  

Au début du mois,ils ont fondé un nouveau regroupement, le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCI) qui compte désormais plus de membres que l'APPIM.

D'après l'analyse de l'APPIM, le contrôle du plan conjoint a motivé une bonne partie de ces critiques. « Le désaccord ne justifie pas de défaire une association qui a 40 ans d'existence qui a toujours travaillé dans le respect des intervenants des pêches », lance M. Poirier.

Les motifs de ces prises de position ont été véritablement exposés lors de l'assemblée de fondation du Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCI), croit-il. « Lors de la fondation, ce ne sont plus les mêmes dossiers, même si on les soulève et là, on se dirige vers un dossier majeur pour les revenus des pêcheurs qui est finalement le plan conjoint. »

Les décisions des pêcheurs seront respectées, assure l'ex-négociateur.

Dans le communiqué annonçant le retrait de M. Poirier, le président de l'APPIM, Mario Deraspe appelle les homardiers à l'unité pour préserver les gains obtenus au cours des années. Il fait notamment valoir que si « le rassemblement a le nombre, nous avons l'expertise et des résultats intéressants ».

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