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Les lettres de l’Empress of Ireland n’ont pas disparu

Contrairement à ce qu'ont rapporté certains médias la semaine dernière, les lettres sur la proue de l'Empress of Ireland n'ont pas disparu. Les plongeurs Dany St-Cyr et Ludovic Bouchard ont constaté qu'elles étaient toujours sur l'épave lors d'une plongée samedi matin.

Un texte d’Édith Drouin

Des plongeurs français ont alerté les médias la semaine dernière au sujet de la possible disparition des lettres sur le côté bâbord de la proue de l’Empress of Ireland.

L’équipe était à Rimouski pour filmer une bande-annonce en vue de produire un docu-fiction sur le bateau qui a sombré dans le Saint-Laurent en 1914.

Lorsque le ministère de la Culture et des Communications du Québec a eu vent des affirmations des Français, le conseiller en développement culturel, Euchariste Morin, a demandé au plongeur Ludovic Bouchard d'aller vérifier si les lettres étaient bel et bien disparues.

Le plongeur, accompagné de Dany St-Cyr, a pu constater rapidement que le lettrage était toujours sur l’épave.

Dany St-Cyr explique que la vie marine a pris le dessus sur les lettres et qu’elles sont très difficiles à voir à l’œil nu lorsqu'on ne sait pas exactement où elles se trouvent.

Un geste interdit

Une autre controverse a émergé des images filmées par l’équipe française pour prouver que les lettres avaient disparu. Dans une vidéo, un plongeur utilise une brosse pour dégager la coque des dépôts qui s’y trouvent.

L’épave a toutefois été déclarée site historique provincial en 1999 et site historique national en 2009. Toute intervention ou prélèvement y est donc interdit par la loi.

Le ministère de la Culture et des Communications confirme que ce genre de geste contrevient à la Loi sur le patrimoine culturel. L’équipe française a d’ailleurs reçu un avertissement.

Le réalisateur, Kevin Sempé, a indiqué qu'il connaissait le statut particulier de l'épave de l'Empress of Ireland, mais se défend en disant que son équipe n'a pas touché directement la coque du navire.

Le plongeur Dany St-Cyr déplore qu’ils aient posé ce geste alors qu’ils étaient accompagnés par des gens de la région qui connaissaient bien les règles entourant l’Empress of Ireland.

Il indique qu’il est dommageable de toucher à l’épave, même si le contact avec la coque est indirect.

Kevin Sempé affirme que les images ne seront pas utilisées dans la bande-annonce du documentaire et qu’ils les avaient filmées dans le but unique de prouver aux médias que les lettres avaient disparu.

Il précise que les plongeurs français maintiennent une bonne distance avec l’épave sur les autres images prises au fond de l’eau.

L’équipe devra par ailleurs obtenir plusieurs autorisations du ministère de la Culture et des Communications avant de commencer la production possible de docu-fiction.

Système d’enregistrement volontaire

Selon Dany St-Cyr, le contrôle du site de l'Empress of Ireland se fait à l’aide d’un système d’enregistrement volontaire et à l’aide d’un suivi auprès des guides qui amènent les plongeurs sur place.

Le plongeur explique que le site n’est pas constamment surveillé, mais qu’il y a peu d’accès pour s'y rendre et que les gens prennent normalement le temps de s'enregistrer auprès de la Fédération québécoise des activités subaquatiques.

Le ministère ajoute que des bouées d’amarrage sont installées pour favoriser la plongée sur l’épave et sensibiliser les plongeurs à sa protection. Son partenariat avec la Route des épaves contribue aussi à la surveillance du site.

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