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Les mariculteurs dénoncent le manque d'intérêt de Québec

Rien ne va plus au sein de l'industrie maricole québécoise. La Table de concertation maricole sera dissoute à la fin mai et les six administrateurs du Regroupement des mariculteurs du Québec ont démissionné en bloc.

Les mariculteurs dénoncent le manque d'engagement du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.

Les mariculteurs du Québec, principalement des producteurs de moules et de pétoncles, estiment que les programmes gouvernementaux sont inadéquats et qu'ils manquent de soutien de la part de Québec et d'Ottawa pour développer l'industrie. Leur démission est le reflet de leur ras-le-bol. Il n'y a pas d'autres solutions, disent-ils.

La mariculture était pourtant ciblée à la fin des années 90 pour donner un second souffle aux pêches. Le porte-parole du Regroupement des mariculteurs du Québec, Jacques Dufresne, se vide le cœur : « J'ai rarement vu, autour d'une table, avec tous nos partenaires, quelqu'un qui nous demande comment il peut nous aider. »
Les mariculteurs font valoir qu'ils ont des bateaux, comme les pêcheurs, et qu'ils travaillent aussi sur l'eau.

Main tendue

Le ministère québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) assure qu'il ne laisse pas tomber les 12 mariculteurs de la province.

Le sous-ministre adjoint aux pêches, Aziz Niang, défend ses programmes d'aide.   « Que ce soit, dit-il, les entreprises de pêche, les entreprises de transformation, les entreprises maricoles, nous pouvons les appuyer dans l'augmentation de leur production, dans la diversification de leurs produits, dans l'achat d'équipement. »

L'aide, précise le sous-ministre, peut atteindre jusqu'à 500 000 $ afin d'appuyer le développement des entreprises.

Pourtant, l'industrie maricole, qui a déjà produit 1 million de livres de moules par année pour rassasier le marché québécois, en produit maintenant deux fois moins. Ce n'est pas faute de marché puisque les québécois consomment 10 millions de livres de moules chaque année.

Ce n'est pas non plus par manque de potentiel, souligne Jacques Dufresne. « 50 % du poisson qui se mange dans le monde provient de l'aquaculture. Le potentiel de la baie de Gaspé, de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine, il est géant », fait valoir le porte-parole du monde maricole.

Malgré tout, le MAPAQ souhaite tendre la main aux producteurs de moules et de pétoncles québécois pour trouver des solutions.

La question est de savoir s'il n'est pas trop tard pour rétablir le lien de confiance, ça fait maintenant trois ans, disent-ils, qu'ils dénoncent le manque d'engagement de Québec.

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