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Les municipalités « font passer les travailleurs pour des coupables », soutient le SCFP

Des milliers de syndiqués ont manifesté jeudi matin devant le Centre des congrès à Québec, où ont débuté les Assises annuelles de l'Union des municipalités du Québec. Les travailleurs veulent signaler aux maires qu'ils n'accepteront pas que les municipalités puissent dicter leurs conditions de travail.

Un texte de Sébastien Desrosiers

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a répété jeudi que son gouvernement va bel et bien rééquilibrer le rapport de force existant en matière de relations de travail dans les municipalités, afin qu'elles aient plus de pouvoir face à leurs employés municipaux.

Le conseiller syndical au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) pour la région Bas-Saint-Laurent, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Yannick Proulx, indique pourtant qu'il n'y a pas de déséquilibre dans les relations de travail, comme l'affirment les maires.

« Dans l'Est du Québec, par exemple, 99 % des conventions collectives du secteur municipal se règlent sans aucun moyen de pression de quelque façon que ce soit, explique-t-il. Récemment, j'ai lancé un défi aux maires de l'Est du Québec de venir me dire dans un débat contradictoire en quoi les rapports de force étaient déséquilibrés dans le secteur municipal et aucun maire n'a répondu à l'appel. »

« Alors ça veut dire qu'il y en a pas de déséquilibre, ajoute-t-il. [Une loi qui permettrait aux municipalités de décréter les conditions de travail] aurait pour simple but de réduire les conditions de travail des travailleurs. »

Laurie Savard, directrice du Conseil municipal du secteur provincial pour la région Bas-Saint-Laurent, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, est également d'avis que les relations de travail entre les municipalités et leurs employés ne sont pas un enjeu majeur dans la région. Elle affirme cependant faire preuve de solidarité avec les milliers de syndiqués à travers la province.

Elle espère que les maires, notamment ceux de l'Est du Québec, entendront raison. « Les négociations dans tout le secteur municipal, ça fonctionne, précise-t-elle. C'est toujours respect des deux côtés, parce que la plupart du temps, les maires ce sont nos confrères, nos voisins, on les côtoie. Donc je suis convaincu que ce n'est pas ce qu'ils veulent, eux non plus. »

La corruption, le vrai problème

Selon Yannick Proulx, cette vision selon laquelle les employés municipaux gagnent trop cher est erronée.

« On essaie de faire passer les travailleurs pour des coupables, mais ce qui coûte trop cher, c'est le système de corruption systématique qui s'est installé dans le monde municipal, où il y a du copinage et où on donne des contrats aux amis, dit-il. On va faire passer la limite de contrat sans appel d'offre bientôt de 25 000 $ à 100 000 $. Ça a été annoncé [jeudi] matin. Ça, c'est un bar open à la corruption. Surtout pour l'Est du Québec, dans des petites municipalités, un contrat de 100 000 $ c'est gros. Alors le bar va être ouvert à la corruption et aux pots-de-vin. »

Yannick Proulx assure qu'un projet de loi en faveur des municipalités sera contesté devant les tribunaux par les syndicats.

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