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Les organismes culturels du Bas-Saint-Laurent face à des défis démographiques et numériques

L'année 2017 promet d'être chargée de défis pour des organismes culturels tels que le ROSEQ et le Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent, devant un public de plus en plus tourné vers le numérique et une population en baisse dans l'Est du Québec.

Un texte de Laurence Gallant

L'année 2016 a été éprouvante pour plusieurs organismes du milieu culturel bas-laurentien, notamment pour le Conseil de la culture, qui dit vivre toujours les contrecoups des compressions gouvernementales et de l'abolition de la Conférence régionale des élus (CRÉ).

La directrice générale du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent, Julie Gauthier, assure toutefois que les gens touchés font preuve de résilience et que le Collectif régional de développement permet de gérer de façon commune des projets culturels régionaux.

Dans les prochains mois, le Conseil de la culture cherchera à se rapprocher de ses membres et à répondre davantage à leurs besoins, notamment en développant une stratégie numérique qui se fera à l'échelle provinciale. Selon Julie Gauthier, le défi est de convaincre le gouvernement d'offrir plus de pouvoirs aux conseils régionaux, pour qu’ils puissent répondre aux besoins spécifiques de leur propre région :

On est capable de faire la gestion de fonds ici, en région. […] Il ne faut pas administrer une politique qui serait identique pour chacune des régions du Québec.

Julie Gauthier, directrice générale du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent

Le Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent développera davantage, dans les prochains mois, son offre numérique et mettra notamment sur place un calendrier culturel, moyen pour les artistes, les organisateurs d'évènements et le public de se tenir au fait de ce qui se passe partout sur le territoire.

Plus de tourisme culturel?

Comme l'indique la directrice générale du Conseil de la culture, l'organisation espère aussi travailler de concert avec les offices de tourisme. Selon elle, le tourisme culturel est problématique dans la région et doit être développé davantage :

Pour quelqu'un de l'extérieur qui regarderait uniquement, [par le biais des] offices de tourisme, ce qu'il se passe culturellement en région, je crois que l'image mentale qu'il a, c'est des rouleaux de foin.

Julie Gauthier, directrice générale du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent

« Les offices de tourisme marchent avec des structures de membres et l'adhésion est très très chère, donc pas à la portée des organismes culturels qui ne sont souvent pas représentés », explique Julie Gauthier.

Développer la présence numérique pour contrer l’effet démographique

Par ailleurs, la directrice générale du Réseau des organisateurs de spectacles de l'Est du Québec (ROSEQ), Solange Morrissette, se dit inquiète du plus récent recensement de Statistique Canada, qui révélait que la Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine sont les seules régions à connaître une décroissance de population dans la province.

Selon elle, beaucoup d'efforts sont déployés par les diffuseurs pour développer de nouveaux publics. Le ROSEQ se donnera la mission, dans les prochains mois, de les soutenir pour faire un virage numérique, d’autant plus que certains de ces diffuseurs sont gérés par des bénévoles.

Quand on a vu aussi les chiffres récents sortir au niveau de la baisse de la démographie, c'est inquiétant de voir que le public, on ne peut pas en inventer, on travaille avec les gens qui sont là.

Solange Morrissette, directrice générale du ROSEQ

Cet enjeu sera déterminant pour chercher davantage de spectateurs, puisque l’omniprésence du numérique change considérablement le comportement des usagers, en ce qui a trait à la consommation de spectacles, affirme Solange Morrissette.

Elle se réjouit toutefois que les nombres de spectacles, de tournées et de spectateurs étaient en augmentation en 2016, par rapport aux années précédentes.

Le Carrefour de la littérature, des arts et de la culture (CLAC), dans la Mitis, de son côté, est loin de se pencher sur le développement du public par le biais du Web. Le défi de l’organisation, qui en est à sa deuxième année au Château Landry de Mont-Joli, est de développer un public de proximité, de créer un espace de rencontres citoyennes.

Il y a un tissu social qui est en train de se transformer à Mont-Joli.

Julie Boivin, directrice générale du CLAC Mitis

Le CLAC cherche ainsi à s’associer à des groupes communautaires et sociaux et à la communauté des affaires de la Mitis pour créer une fidélité auprès de la population.

Avec ses 300 activités proposées pendant l’année, l’organisation espère pouvoir profiter du renouvellement des programmes de financement du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, indique la directrice générale du CLAC, Julie Boivin.

Je sais qu’il y a une volonté de redonner à des organisations qui font un travail comme le nôtre.

Julie Boivin, directrice générale du CLAC Mitis

Le CLAC est par ailleurs sur le point de réaliser des projets de médiation entre des artistes et des jeunes du milieu scolaire.

Un nouveau lieu dans la mire du Paradis

Le milieu culturel bas-laurentien surveille également les avancées du Projet Paradis, alors que la Coopérative de solidarité a cerné un nouvel endroit potentiel pour s’installer au centre-ville de Rimouski.

L'organisation réévalue l'idée de s'installer entre les avenues Belzile et de la Cathédrale et les rues Saint-Germain Est et Évêché, ce qui était initialement son objectif lors du dépôt de son projet en 2015.

Il est toutefois trop tôt pour donner les détails étant donné qu'il faudra possiblement passer par un appel d'offres pour la construction d’un nouveau bâtiment.

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