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Les revenus des pêches à la rescousse des Micmacs de Gespeg

La vague de suicides qui secoue la communauté autochtone d'Attawapiskat, dans le Nord de l'Ontario, fait oublier qu'il y a aussi des communautés qui s'en sortent bien à travers le pays. C'est le cas de la nation micmaque Gespeg, une communauté sans réserve, qui a su mettre à profit les revenus générés par les pêches.

Les communautés dont les membres vivent hors réserve reçoivent beaucoup moins d'argent du ministère fédéral des Affaires autochtones.

Les revenus de la pêche ont donc été bienvenus à Gespeg où tous ses membres, sans exception, profitent des millions de dollars de la pêche au crabe, aux crevettes et au homard.

La nouvelle chef de bande de la nation Gespeg, Manon Jeannotte, précise qu'il y a seulement six communautés autochtones sans réserve au Canada. La chef représente un peu plus de 1000 membres, qui résident pour la plupart à Montréal.

Les membres des communautés sans réserve sont généralement bien intégrés dans la population québécoise, mais conservent un fort sentiment d'appartenance à leurs racines.

C'est donc à Gaspé que la nation de Gespeg siège et qu'elle brasse ses affaires.

Savoir gérer et partager

La pêche au crabe, aux crevettes et au homard rapportent de 3,5 millions de dollars par année. Le pêcheur autochtone Pierre Shaw estime toutefois que la pêche rapporte quelque chose d'aussi précieux. « Un sentiment d'appartenance, un sentiment d'égalité, puis une certaine forme de fierté et pour tous les membres de la communauté. Je pense qu'on en profite, du mieux qu'on peut », commente M. Shaw.

Et ce sont les membres plus démunis qui en profitent le plus. « Par notre pêche commerciale, même aussi notre pêche communautaire, notre chasse communautaire, explique la chef, on fait la distribution alimentaire de homard, de crevettes, de saumon et d'orignal. »

La communauté doit par contre assurer une gestion à long terme de ses revenus, ajoute Mme Jeannotte.  

D'autant plus que les Micmacs de Gespeg doivent encore payer 3 millions des 4,8 millions de dollars investis dans la construction de leur nouveau centre administratif.

Cette dépense déchire toujours la communauté, souligne Mme Jeannotte. « On a fait beaucoup d'efforts pour assainir le climat de travail. Il y a encore une grosse division au sein de la communauté, mais ça commence à diminuer. On sent le vent de changement », commente-t-elle.

La chef de Gespeg est fière du succès de sa communauté et souhaite que les autres nations autochtones puissent en faire autant. « Il y a quand même d'autres success-story sur des réserves. Je pense que c'est juste être en mode solution, être proactif et de dire on prend le taureau par les cornes », conclut-elle.

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