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Les riverains de l’Est du Québec invités à donner leur avis sur l’érosion des berges

Depuis quelques semaines, des chercheurs de l'UQAR sillonnent les routes de la Gaspésie pour discuter d'érosion des berges avec les résidents côtiers. Un exercice similaire est aussi en cours au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord.

Un texte de Joane BérubéLes chercheurs entendent visiter les 17 MRC de l’Est du Québec. Durant l’entrevue d’une heure, les chercheurs s’intéressent aux connaissances des gens sur le milieu côtier. Ils abordent aussi les préoccupations sur l’érosion.

Le porte-parole de l’équipe de recherche du laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières de l’Université du Québec à Rimouski, (UQAR), Christian Fraser, explique qu’un des buts de la démarche est de quantifier les usages des milieux côtiers par ceux qui y habitent.

Cet aspect permettra aux chercheurs d’avoir un regard plus clair sur les conséquences de l’érosion et de la montée des eaux sur la vie des gens qui demeurent le long des berges.

En effet, l’érosion ne touche pas seulement le cadre bâti. De communauté en communauté, les riverains utilisent leurs milieux côtiers de différentes manières et ces usages sont aussi touchés, souligne Christian Fraser.

Certaines activités ont déjà disparu, puisque les lieux où elles se déroulaient n'existent plus.

De précieuses connaissances

Les gens qui vivent près de l’eau, qui y ont passé leur vie, comme leur père, leur mère, avant eux, sont souvent les seuls à pouvoir localiser certains lieux d’exception, relève le chercheur. « Des fois, dit-il, c’est un petit écosystème dont on n’a pas tenu compte ou un usage des gens de la région à l’embouchure de tel petit cours d’eau. »

Les communautés autochtones sont aussi rencontrées et apportent, selon M. Fraser, une autre vision en raison de leurs usages traditionnels et de leur utilisation très fine du milieu côtier.

Outre les usages, les chercheurs s’intéressent aussi à l’apport des zones côtières. « Les bancs coquilliers, ce sont des milieux précieux avec des activités traditionnelles qui rendent des services concrets aux communautés », illustre le porte-parole de l’équipe de recherche.

Une carte

L’équipe utilisera les données recueillies lors des entrevues pour cartographier les endroits plus sensibles à l’érosion ou à la submersion.

La carte devrait inclure des niveaux de vulnérabilité selon l’occupation des rives. « S’il y a trois sites qui ressortent dans une municipalité, cela vient mettre une priorité d’action et un pourquoi », explique Christian Fraser.

Ces rencontres surviennent à la suite d’ateliers qui se sont déroulés au printemps, alors que les chercheurs ont échangé avec les élus, les responsables municipaux et d'organismes régionaux, des problèmes liés à l’érosion côtière.

À cette occasion, plusieurs responsables municipaux ont fait part de leur manque d’outils et de repères pour agir et prévenir les conséquences de l’érosion.

En plus de certaines zones de recul pour l’érosion côtière, ces cartes montreront éventuellement les zones de submersion potentielle en raison de la hausse du niveau marin et des tempêtes. « C’est ressorti beaucoup dans les besoins des gens des municipalités, des ministères qui nous ont dit qu’ils avaient besoin d’un outil pour mieux planifier la submersion », indique Christian Fraser.Et des recommandations

À terme, l’objectif des chercheurs est d’en arriver à pouvoir recommander les actions à prioriser ou à proscrire, selon la vulnérabilité des secteurs.

Ces recommandations devraient, selon le projet de recherche, intégrer la dynamique naturelle du milieu, mais aussi les activités et les infrastructures à protéger.

« Il y a des endroits, ajoute Christian Fraser, comme les MRC Avignon, Bonaventure, la région de Sept-Îles et les Îles-de-la-Madeleine, où on a déjà un bon cumul de données et de connaissances pour être proche de faire des recommandations. Il y a d’autres MRC dans le Bas-Saint-Laurent, comme le Kamouraska, où on n’a pas encore de banques de données côtières sur la caractérisation, sur l’évolution historique. »

Jusqu’à maintenant environ 250 résidents ont déjà été interviewés. Au total, plusieurs centaines de personnes seront rencontrées.

La collecte se poursuit durant tout le mois d’août en Gaspésie et ailleurs à l’automne. Les premiers résultats devraient être présentés à l’hiver.

Le projet Résilience côtière devrait se terminer en 2020.

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