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Lisée à la tête du Parti québécois : les réactions dans l'Est du Québec

Même si les élus et membres de l'Est du Québec avaient appuyé différents candidats au cours de la course à la direction du Parti québécois, ils promettent maintenant de se ranger derrière le nouveau chef, Jean-François Lisée, qui l'a emporté vendredi soir.

Un texte de Guillaume Bouillon

Le député péquiste de Rimouski, Harold Lebel, demeure positif pour ce qui est de l'avenir du Parti québécois avec l'arrivée de Jean-François Lisée à sa tête. M. Lebel croit que le nouveau chef a donné un discours très rassembleur dans lequel il a fait montre de beaucoup d'ouverture envers les autres candidats.

Harold Lebel affirme que le parti doit maintenant se concentrer sur l'unification.

« Tous les membres avaient le droit de vote, ils se sont exprimés, et Jean-François a gagné. Il porte donc la confiance des militants, et c'est ce qui est important. Tout le monde doit maintenant se rallier, et c'est le message que je veux lancer aux gens de Rimouski : on est dans la même famille, il faut maintenant revenir ensemble et tous travailler dans la même direction », conclut Harold Lebel.

Le président régional du Parti québécois au Bas-Saint-Laurent et président de l'Association de circonscription de Rivière-du-Loup, Vincent Couture, salue l'arrivée de Jean-François Lisée à la tête du parti. Il souligne que le discours du nouveau chef l'a rassuré, notamment en ce qui a trait au ralliement des électeurs anglophones.

« Il a fait un vibrant discours en anglais pour rallier les électeurs anglophones, leur expliquant qu'il y avait une seule façon de se débarrasser des libéraux de Philippe Couillard. Parce qu'il faut se rappeler qu'il y a beaucoup d'anglophones qui sont aussi insatisfaits du Parti libéral. M. Lisée leur a donc tendu la main, en anglais, et c'était émouvant », note-t-il.

Réactions sur la Côte-Nord

La députée péquiste de Duplessis, Lorraine Richard, sort satisfaite de la course à la direction du Parti québécois. Celle qui dirige le caucus à l'Assemblée nationale estime que la nomination de Jean-François Lisée va permettre au parti de préparer le terrain pour 2018.

Lorraine Richard entend se rallier à lui, avec l'objectif de déloger les libéraux et de reprendre le pouvoir lors de la prochaine élection. « Moi, je vais travailler avec Jean-François, c'est pour ça je suis demeurée neutre. Parce que peu importe qui les gens auraient choisi, moi, je suis capable de m'adapter. Et j'aime cette équipe-là qu'est le Parti québécois. »

Le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet, note que Jean-François Lisée a des idées nouvelles pour améliorer le sort des régions. Mais pour lui, il faut d'abord se recentrer sur les objectifs à poursuivre et s'assurer de ramener l'unité au sein du Parti québécois.

« À partir d'aujourd'hui, on va commencer à se positionner pour être prêts au retour, parce que là nous sommes en circonscription cette semaine. Monsieur Lisée a déjà convoqué un caucus ce vendredi pour nous présenter son orientation et sa façon de fonctionner pour la suite. Alors avec beaucoup d'enthousiasme, ça va toujours me faire plaisir de faire partie de cette belle équipe », affirme monsieur Ouellet.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, estime que l'heure est maintenant au ralliement, et que l'échéance importante est désormais octobre 2018, date de la prochaine élection provinciale.

« On poursuit tous la même cause et on ne conjugue pas ça au " je ", mais bien au " nous ". Maintenant qu'on a un chef, on va de l'avant. Et je vais faire du mieux que je peux pour faire en sorte qu'il devienne le prochain premier ministre du Québec. En l'invitant dans la région et en le conseillant de la meilleure façon possible, mes collègues et moi », mentionne Pascal Bérubé.

Le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, avait appuyé Alexandre Cloutier dans la course à la chefferie du Parti québécois. Tout comme les autres députés, il promet maintenant de se ranger derrière le nouveau chef.

« Maintenant, je dois me concentrer et me motiver sur la capacité de notre prochain chef à rallier les troupes, à se donner rapidement un plan d'action pour être le gouvernement qui sera porté au pouvoir en 2018 », mentionne M. Lelièvre.

La question souverainiste

Le président par intérim de l'association du Parti québécois à Rimouski, Mathieu Bernier, se dit très heureux de l'élection de Jean-Francois Lisée à la tête du parti. M. Bernier affirme que même si l'indépendance du Québec demeure dans la ligne de mire du Parti, la tâche première que le nouveau chef se donne est de battre les libéraux.

« M. Lisée a dit que le Parti québécois demeure un parti indépendantiste et que nous allions toujours continuer de parler d'indépendance du Québec. Mais on doit aussi écouter la population québécoise qui nous dit qu'elle n'en veut pas, de référendum, dans un prochain mandat. Présentement, ce qui est important, c'est d'être une alternative crédible pour battre le Parti libéral en 2018, et c'est exactement ce que M. Lisée propose », mentionne Mathieu Bernier.

Pour le coordonnateur des Métallos de la Côte-Nord et l'Est du Québec, Nicolas Lapierre, la course à la direction du Parti québécois aura permis de replacer le débat référendaire dans l'opinion publique, en plus de faire le plein de nouveaux membres.

Nicolas Lapierre estime que le vote de 60 000 des 80 000 membres constitue un verdict clair sur la piste à suivre qui a été défendue par Jean-François Lisée.

« L'électrification des transports, la façon d'accéder à la souveraineté... Moi je pense quand même qu'il y a des gens qui ont débattu. En tout cas, moi, je suis satisfait de la façon dont ça s'est passé. J'aurais aimé évidemment un résultat différent, personnellement. Mais écoutez, les membres en ont décidé autrement, puis il faut être démocrate », affirme monsieur Lapierre.

Le vote se tenait tout au long de la journée de vendredi, et 75,09 % des membres du Parti québécois y ont participé. Jean-François Lisée était suivi d'Alexandre Cloutier, qui a recueilli 31,7 % des votes. Martine Ouellet a obtenu quant à elle 17,6 % des suffrages au deuxième tour. Paul St-Pierre Plamondon a pour sa part été éliminé au premier tour.

Jean-François Lisée se présente comme le « chef du rassemblement ». L'homme de 58 ans a assuré que « le Parti québécois, le plus grand parti au Québec, sort revigoré de cette campagne ».

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