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Manger du spaghetti pour aider deux familles syriennes

Partager un repas pour permettre à des réfugiés syriens de se rapprocher du Québec. C'est ce qu'ont fait, samedi soir, 150 personnes de la Matanie en répondant à l'invitation du comité de parrainage Syrie-Matane.

Un texte de Joane Bérubé

Depuis février dernier, une vingtaine de Matanais se sont réunis afin de voir comment ils pourraient accueillir une ou deux familles de réfugiés syriens. Huit mois plus tard, ils s'affairent maintenant à recueillir des fonds afin que deux familles de Syrie puissent s'installer dans la région de Matane.

Même si dans l'arrière-pays de Matane, on est parfois loin des bombes qui tombent sur Alep, Marthe Simard, du Comité Syrie-Matanie, a travaillé en février dernier à l'accueil des premiers réfugiés syriens à arriver au Canada.

Elle s'est sentie interpellée dès qu'elle a vu une annonce sur la formation d'un groupe de parrainage en Matanie.  

Le comité sait depuis quelques mois qu'il pourrait accueillir un jeune garçon de 9 ans et ses parents ainsi qu'une famille composée d'un père, d'une mère et de leurs trois filles adolescentes. Le groupe a reçu, il y a peu, la confirmation que le parrainage avait été accepté. Il reste à poursuivre les démarches auprès d'Immigration Canada. 

À Saint-Léandre, samedi soir, le comité de parrainage Syrie-Matanie fera un pas de plus pour que deux familles syriennes retrouvent à nouveau un toit paisible. L'organisation du souper spaghetti devrait permettre d'amasser 2000 $.

Le groupe a besoin de 30 000 $ pour subvenir pendant un an aux besoins des familles qui devraient arriver au printemps. « Et ces personnes, précise Thérèse Sagna de Développement et Paix, ne viendront pas pour prendre la place de quelqu'un non plus. Ces personnes vont travailler. On a essayé de regarder, quelqu'un qui sera à Saint-Ulric, une autre personne travaille en santé. »

Matane et Rimouski sont jusqu'à maintenant les deux seules villes du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie où des groupes du genre ont été formés. La majorité des réfugiés se sont installés jusqu'à maintenant en milieu urbain.

Toutefois, la porte-parole du comité de parrainage, Claire Lamarre, ne doute pas que les familles pourront se refaire une vie dans la région.

« C'est sûr, dit-elle, que ces gens-là sont traumatisés par la guerre, mais ils ont leur faculté d'adaptation. Il y a tellement de facteurs qui vont faire une différence, leur niveau d'éducation. On fait confiance au destin. » Le destin sera sans doute aidé par l'argent qui sera amassé pour les aider, ainsi que par les gens du comité qui parlent arabe et les cours de francisation auxquels auront droit les adultes.

Au total, 31 000 réfugiés syriens sont entrés au Canada depuis l'an dernier. Si tout va bien pour les comités de parrainage de Matane et de Rimouski, ils seront presque une vingtaine à s'installer dans l'Est du Québec l'an prochain.

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