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Marchés publics et circuits gourmands : mille et une manières de goûter aux richesses de la Mitis

Depuis 16 ans, la Mitis met en valeur son terroir culinaire avec son circuit gourmand.  À cette occasion, le marché public de la Mitis invite la population à parcourir différents lieux de son territoire pour y rencontrer des producteurs agroalimentaires. Sept d'entre eux ont sorti leurs atours du dimanche, en fin de semaine, pour titiller les papilles des gourmands. 

Un texte de Joane Bérubé

Le circuit permet aux gens de rencontrer et discuter avec les producteurs de la région. Cette année, le circuit regroupait sept producteurs dans quatre lieux différents soit chez Lili Bergère à Saint-Angèle-de-Mérici, à la Poissonnerie Les Pêcheries de Sainte-Flavie, à l'Hydromellerie Le Vieux Moulin de Sainte-Flavie et aux Jardins de Métis.

Découverte et passion sont les deux mots clés qui surgissent en rencontrant les producteurs de la Mitis à l'occasion du circuit gourmand. C'est d'ailleurs ce qu'en dit le coordonnateur du marché public de la Mitis, François Mercier, pour qui les produits du terroir de la région se distinguent d'abord par le mélange entre terroir agricole et terroir marin.

Mais, malgré la qualité et la diversité de leurs produits, les petites entreprises agroalimentaires ont besoin de se faire connaître. Le circuit gourmand, comme le marché public, est un bon moyen d'y parvenir, explique M. Mercier. 

Le producteur restaurateur

La vitrine offerte par le circuit gourmand est importante, que ce soit pour des gens qui sont dans la production agrolimentaire depuis des années ou pour ceux qui viennent de lancer une entreprise.

Producteur d'agneau depuis 1988, Daniel Ouellette gère un troupeau de 550 brebis ainsi qu'une vingtaine de bovins de boucherie. Il participe depuis quelques années au circuit gourmand de la Mitis. Il vend aussi sa viande au marché public de Sainte-Flavie.

Chaque année, dit-il, des gens le découvrent grâce au circuit ou au marché, car l'agneau demeure, au Québec, une viande de consommation moins courante que le bœuf ou le porc.

« Il y a, explique M. Ouellette, une génération qui, parce qu'elle a été élevée sur des fermes, mangeait de la vieille brebis parce que les agneaux étaient vendus pour avoir un revenu. Ces femmes qui n'ont pas aimé ça ne l'ont pas fait découvrir à leurs enfants. »

Un des grands plaisirs du producteur, c'est de rencontrer des gens au marché public ou dans le circuit gourmand qui lui disent ne pas manger d'agneau et qui, après avoir goûté à son produit, repartent avec un de ses mets préparés. « Quand quelqu'un n'en a jamais goûté et qu'on lui sert quelque chose de bien préparé, on met toutes les chances de notre côté pour qu'il veuille recommencer », affirme Daniel Ouellette.

De l'étable aux fourneaux

Depuis trois ans, il gère avec Liliane Buissières une nouvelle entreprise, la Table champêtre Lili Bergère. La Table champêtre lui permet d'aller un peu plus loin dans la valorisation de son produit. « On va jusqu'au bout du processus. Et encore une fois, on fait souvent découvrir l'agneau à des gens qui n'en ont jamais mangé », indique M. Ouellet.

Et son agneau est, disons, traité aux petits oignons grâce à son associée et cuisinière, Liliane Buissières « Une valeur sûre depuis le début, raconte Mme Buissière, c'est qu'on travaille la viande fumée d'agneau. Je fais donc fumer la viande préalablement et je fais cuire avec un soupçon de sirop d'érable qui vient de la ferme, donc un produit de chez nous. »

Si l'agneau est au cœur de la cuisine de Liliane Buissières, cette dernière travaille aussi à valoriser les produits locaux. « J'ai de la difficulté à travailler avec un produit unique qui est l'agneau. Alors je dois aller chercher d'autres produits pour que le client reste fidèle. Mon défi c'est de faire de la recherche, et pour l'agneau, et pour les produits connexes »

La cuisinière réussit à s'approvisionner même l'hiver. L'an dernier, par exemple, les légumes d'hiver biologiques de Saveurs Métis ont été disponibles jusqu'en mars. « J'ai une petite entreprise, je reçois en petit groupe, je n'ai pas non plus le volume qui nécessiterait d'aller chercher des produits ailleurs », précise la propriétaire de Lili Bergère.

Cueillette et découvertes

Un de ses fournisseurs est la jeune entreprise de Diane Vaillancourt, La Cabottine, saveurs indigènes.

Fondée il y a trois ans, l'entreprise est spécialisée en cueillette de produits comestibles de bord de mer. Diane Vaillancourt offre aussi des champignons sauvages, des aromates, des tisanes, des petits fruits et des légumes sauvages. Ses produits, dit-elle, permettent de mettre en valeur un patrimoine culinaire qui s'est un peu perdu.

Les grands classiques 

Le circuit gourmand de la Mitis 2016 présentait aussi les produits de deux producteurs de longue date. La réputation des hydromels du Vieux Moulin à Sainte-Flavie, qui existe depuis plus de 40 ans, ou des Herbes salées du Bas-du-Fleuve, qui sont depuis 51 ans sur les tablettes des magasins, n'est plus à faire.

Ces classiques du terroir de la Mitis laissent présager qu'il est possible pour de jeunes productions comme celles de La Cabottine ou des marinades et tartinades des Jardins de Mitis de se tailler une place dans notre assiette.

Il n'en tient qu'à la population de profiter des rencontres proposées par le circuit gourmand ou par les marchés publics pour goûter et adopter les produits de chez nous. Le marché public de La Mitis est ouvert le samedi jusqu'au 3 octobre.

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