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Marinard appréhende une baisse importante des quotas de crevettes

À Rivière-au-Renard, Pêcheries Marinard s'attend à une baisse draconienne des quotas de crevettes cette année.

L'an dernier, les scientifiques de Pêches et Océans Canada ont observé une diminution d'environ 30 % des stocks de crevettes nordiques dans trois des quatre zones de pêche du nord du golfe Saint-Laurent, soit celles de l'Estuaire, de Sept-Îles, et d'Anticosti.

Pascal Noël, président-directeur général de Pêcheries Marinard, estime que la baisse pourrait être encore plus importante en 2018 dans certaines zones.

« On parle d’une diminution entre 40 et 50 % pour Sept-Îles et peut-être jusqu’à 75 % dans la zone Estuaire », estime Pascal Noël.

Marinard pêche dans les zones de Sept-Îles et d’Anticosti.

M. Noël attend toutefois la confirmation de ces données dans les prochaines semaines.

« C’est une baisse importante pour les usines québécoises, se désole-t-il. Chaque usine devra se refaire un plan de match en fonction des volumes qui devraient être annoncés au cours des prochaines semaines pour préparer l’ouverture du 1er avril. Il faudra voir avec les clients et le plan conjoint pour se faire une saison acceptable de part et d’autre, tant pour les pêcheurs que pour les travailleurs et les transformateurs. »

Afin de faire des tests en vue d’un manque de ressource, Marinard a fait livrer environ 50 000 livres de crevettes nordiques, en provenance du Labrador, l'automne dernier. Cette quantité s'ajoute à l'inventaire de 100 000 livres déjà en entrepôt. M. Noël affirme que ces approvisionnements ne compensent qu'en partie les baisses de quotas successives imposées dans le golfe.

Avec la baisse des quotas, l’entreprise pourrait avoir davantage recours à l’importation.

« On va voir la tendance des marchés et la réaction des clients devant la crevette du Labrador, indique-t-il. On envisage divers scénarios, mais on attend la confirmation des baisses des quotas pour pouvoir négocier et s’entendre. »

M. Noël ne croit pas que l’importation pourra compenser entièrement le manque de ressource. « Au moins, si on peut en avoir la moitié ou le quart, ça nous permet de continuer et ça vient rassurer nos travailleurs », mentionne-t-il.

L'industrie attend les avis scientifiques sur les stocks de crevettes, les 6 et 7 février prochains. Plusieurs hypothèses pourraient expliquer leur diminution, comme l’eau plus chaude ou le retour des poissons de fond qui se nourrissent des crevettes, mais rien n’est confirmé.

Par ailleurs, les transformateurs des produits de la mer étaient réunis à Québec cette semaine dans le cadre du 40e congrès de l’Association québécoise des industriels de la pêche (AQIP).

Ils ont aussi discuté des besoins en main-d’œuvre. Selon M. Noël, la mécanisation permet de retarder une pénurie de main-d’œuvre qui pourrait frapper à plus long terme. L’industrie pourrait alors devoir avoir recours à des travailleurs étrangers.

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