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Matane espère voir atterrir l’avion-hôpital à son aéroport

Après avoir frôlé la fermeture il y a deux ans, l'aéroport de Matane connaît en 2017 une hausse impressionnante de son achalandage. En mars, après cinq ans d'absence, l'avion-ambulance était de retour. Maintenant, le milieu fait pression pour rendre possible l'atterrissage de l'avion-hôpital.

Un texte de Brigitte Dubé en collaboration avec Michel-Félix Tremblay

Jeudi, un avion de type Dash-8 d'Air Inuit se posait à Matane, un événement de moins en moins rare. À son bord : des travailleurs de la Garde côtière en provenance d'Halifax, venus relever une partie de l'équipage d'un navire qui les attendait au port. Une école de pilotage qui a déjà plusieurs élèves a ouvert ses portes récemment.

Le nombre de mouvements (décollages et d'atterrissages) dépasse déjà le seuil des 750. En 2015, pour toute l'année, il n'y avait eu que 325 mouvements.

Toute cette nouvelle activité est rendue possible à la suite de travaux de réfection effectués grâce à la volonté d’Eddy Métivier, du comité de sauvegarde de l’aéroport.

Tout comme M. Métivier, la docteure Annie Lavoie en fait partie. Depuis plusieurs années, elle fait pression pour la réalisation d'un projet de mise à niveau de l'aéroport. Elle juge ces travaux essentiels afin de permettre à l'avion-hôpital du ministère de la Santé d'y atterrir.

Depuis que l’aéroport est de nouveau accessible, 22 transports par avion-ambulance ont été effectués grâce au Dash 8, un appareil robuste qui s’accommode de pistes plus difficiles.

Pour docteure Lavoie, une bataille a été gagnée avec le retour de l'avion-ambulance, mais pas la guerre. L’atterrissage de l’avion-hôpital (une salle d'urgence volante avec tout l'équipement de pointe), un appareil de type Challenger, nécessite une piste impeccable.

La Ville de Matane a mandaté le responsable de l’aéroport, Eddy Métivier, pour présenter une demande de financement de six millions de dollars, partagés entre le fédéral, le provincial et la Ville. Le projet comporte notamment le drainage et le réasphaltage de la piste ainsi que la construction d’un nouveau bâtiment.

Tout comme l'avion-hôpital, l'avion-ambulance permet de libérer des ambulances terrestres, mais aussi de garder sur place les médecins et les infirmières pour les urgences à l’hôpital.

Docteur Lavoie estime que Matane ne peut se permettre de telles ruptures de services, compte tenu compte tenu du manque d’effectifs et des compressions.

Pour sa part, la conseillère municipale Monique Fournier se dit très fière des résultats actuels. « Au début, rappelle-t-elle, nous devions fermer l’aéroport et aujourd’hui, l’avion-ambulance est revenu. Nous avons une école de pilotage et la fréquentation a beaucoup augmenté. »

En plus d’espérer voir atterrir l’avion-hôpital un jour, Monique Fournier nourrit l’espoir de voir l’économie matanaise connaître un nouveau souffle grâce à un aéroport adéquat. « Il faut être fiers de ce qu’on a, mais il faut aller plus loin », dit-elle.

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